Publié le 2 Mars 2026

 

Ce minerai,  tiré de la mine ainsi que le bois et le charbon de bois,   était transporté  dans des sacs à Rainville à dos de petits chevaux appelés   « hurtus » ou vulgairement « Chevaux de sacs » ou encore sous le nom de « Masette , (ce cheval aurait disparu à la fin du 19° siècle). A.Desloges, dans son ouvrage les Forges de Normandie (1909), leur rend hommage dans ses notes « le défilé de ces petits chevaux a procuré à l’auteur (A.Deloge ) quelques bons moments ; le lecteur voudra bien lui permettre d’en évoquer ici le souvenir ».Ils vivaient en semi liberté, en bande de 200 ou plus (non sans faire quelque dégâts sur les feuillus) dans les forêts environnantes (avec l’autorisation des Barons) ;  au matin,  les conducteurs  allaient les quérir  par  dix, quinze ou vingt  et les attelaient.

Le premier était monté  et les autres suivaient en file indienne, il n’y avait pas beaucoup de chemins praticables et des transports par charrois auraient défoncé totalement les voies de communication ; à ce propos,  ont été  retrouvés  des documents  concernant un procès fait par le Baron  de Longny à son Maître de Forges qui disait-il détruisait le chemin du château avec ses charrettes de transport lors  des voyages effectués entre la forge de la Madeleine Bouvet ou le moulin Renaud  et la Forge de  Beaumont.  C’est d’ailleurs certainement la raison pour laquelle, plus tard, fut déplacée la Fenderie qui était, auparavant,  en place  au Moulin de Vaugelay pour  l’installer  aux abords  de la Forge de Beaumont dans un ancien Moulin à Tan.

NDA : n'oublions pas que le Perche était une grande région d'élevage nous pouvons citer entre autres  :Les grandes dynasties d’éleveurs-étalonniers confortèrent leur renommée quasi planétaire : Aveline (à la Crochetière, cne de Verrières, au domaine de la Touche à Nogent-le-Rotrou (après 1894), et la Ferme-Neuve, cne de Dorceau ), Chapelle (Le Plessis, cne d’Origny-le-Roux), Chouanard (à Nogent-le-Rotrou, domaine de la Touche jusqu’en 1893 puis la Bretonnerie, cne de Masle), Fardouet (la Beuvrière, cne de Verrières), Perriot (Champeaux, cne de Margon), Tacheau (Saint-Martin-des-Monts près de La Ferté-Bernard) …

Sources https://www.attelage-patrimoine.com/2017/10/le-commerce-du-cheval-de-travail.html

Le  transport

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Publié le 2 Mars 2026

Un procédé identique à nos fourneaux à bras mais sur une plus grande échelle vit le jour avec la force hydraulique mais la manipulation était  la même, du bois, du charbon de bois,  du minerai lavé et concassé, de la chaux ou de la marne et puis une mise à feu.

Le minerai qui, dans les premiers temps, fut certainement lavé et concassé à la main, le fût, par  la suite, à l’aide d’un Bocard  (nous retrouvons, dans les archives, les plans de fabrication d’un bocard(ou Bocambre) en 1705 à  Rainville.  Ce Bocard constitué d’un système de bielles était mû par une roue à aube  et pouvait concasser aussi bien le minerai tiré de la mine que les résidus de fonderie.

La force de l’eau,  produite par une roue à aube alimentée par un bief creusé  et taluté par de la glaise sur des surfaces de plusieurs centaines de mètres, alimentait un ou  deux soufflets ; ce système  de ventilation hydraulique permettait d’obtenir  un degré de combustion indispensable à la fusion de la fonte (entre 1100 et 1300 ° degrés).

La Forge  de Longny était constituée  d’un Haut Fourneau,  d’une  affinerie et d’une fenderie  car la fonte était tirée du Haut fourneau et affinée en fer à la Grosse forge puis travaillée pour être mise  à la vente dans la Fenderie plus tard nous verrons s’y rajouter une Poëlerie. Cette nouvelle technique était arrivée de l’est de l’Europe et de Belgique d’ou son nom ‘le procédé WALLON’, c’était le procédé indirect.

*A Longny,  fut d’abord créé le fourneau, puis  la forge  (avérés  tous deux en 1482).La construction d’un premier haut fourneau à Longny est attestée en 1473. Il n’y a qu’une brève mention de cet établissement. Deux autres constructions de hauts fourneaux sont ensuite mentionnées dans les fonds notariés, en 1490 puis en 1498, mais leur emplacement n’est pas précisé. La fenderie ne venant que plus tard  (Les premières fenderies hydrauliques sont construites au tout début du 17° siècle dans le bocage) ; celle de Longny est sans doute un peu plus tardive, d’une vingtaine d’années peut être, mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude ;

Les établissements furent  géographiquement repartis en fonction de la force de la Jambée.

Une fenderie (avec Renardière) avait probablement été établie au moulin de Vaugelay pour ensuite être déplacée sur le site d’un  ancien moulin à Tan,  emplacement qu’elle occupe encore aujourd’hui, (ce moulin appelé autrefois le moulin de la Gastine  a été vendu en 1730 par la veuve LE BOULEUR à Pierre GAGNAT de St Andiol de la Couronne).

Au fur et à mesure des besoins,  était fait le choix de la transformation de fonctionnalité de certains moulins pour les adapter aux nécessités de la forge ainsi le  moulin à papier de Longny, attesté en 1705, converti en forge renardière  au début du 19° siècle . Le moulin de Brochard qui  appartenait  à la chartreuse du « Val Dieu » depuis des temps immémoriaux ,un acte le mentionne en 1250 comme moulin à Blé * « Septembre  1250 Gaston de Rémalard  seigneur de valle-Cupreï », à été converti en tréfilerie  par acte du  5 octobre 1678 ,d’autres moulins, Sévoux à Malétable  et avec moins de certitude le moulin des Isles  de Longny aurait pu être également une tréfilerie pour le Forge de Longny.

 

Les seigneurs et Barons de Longny se rendirent compte très tôt de l’importance stratégique et économique de cette nouvelle industrie, formant dans la région les Baronnies Fossières (appelées plus tard Baronnies industrielles).

La famille de Longny éteinte dans la Maison de Chateaubriant  dès le début du  XV° Siècle avec la dernière du nom Louise de Longny qui épousa Pierre ODARD et dont leur Fille  Françoise épousa Jehan de Chateaubriant  .  L’intérêt  porté  à cette richesse locale  attira  plus tard  de grandes familles du Royaume , car  l’on possédait,  sur place, la matière, la main d’œuvre et l’énergie.

 

 

Le Fourneau

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Publié le 2 Mars 2026

 

 

L’Abbé FRET  soutient dans ses œuvres que le nom de notre Bourg  n’est avéré qu’à la moitié du  XII° siècle.

La famille de Longny,  venue de Beauce,  ce serait installée sur cette terre ou devrions nous dire dans  ce marécage. En effet,  le terrain ne se prêtait guère à la construction d’un  château, qui  faisait partie du fief  de la baronnie du Val-Enfred  et ou régnait le Baron de Boissy  tout ceci  quelque temps après les croisades.

Nous nous rappelons que ces seigneurs de Longny y ont joué un rôle important lors des premières croisades où nous retrouvons Guillaume, Geoffroy et Gautier de Longny qui se sont joints aux Rotrou, comtes du Perche prenant part aux engagements  de 1096  ,1142et 1190 .

 Cette terre, aurait été donnée à cette famille au début du XIII° siècle avec la bénédiction de l’évèque de Chartres , afin d’y construire un château, sans doute en récompense à la part active auprès du roi de France  ou des Seigneurs de Rotrou ? C’est une éventualité que nous ne pouvons écarter.

C e qui est certain,  c’est l’importance de ce Château Fort dont la description faite par  Monsieur Bart des Boulais est de première importance :

« Un fort château clos de hautes murailles et de grands bons fossez, remplis de l’eau d’un grand étang dedans le coin duquel il est basty ,et dedans iceluy étang, séparé du dit château est un fort donjon garni de tours et murailles battues de l’eau du dit étang »

Extrait Antiquité du Perche P.86.

Le château de Longny  repris ci-dessus par  Monsieur Bart des Boulais  était  il réellement imprenable, il tomba pourtant, par « félonie », aux mains des anglais en 1418 et fut repris par les troupes françaises  31 ans plus tard ce qui explique l’épisode repris ci-dessous :

Comment les François prindre subtilement le chasteau de Longny. Le 27 Aout 1449

Le vingt-septesme jour dudit mois d’aoust du dit an , entra le roy en sa ville de verneuil  nouvellemnt reconquise, comme dit esté, en moult grant estat et appareil, estant noblement accompaigné .Lequel fut aussi receu honnaroblement et à grant joye par ceulx de la dite ville. Lesquelz furent aux champs au devant de luy…/

/…Cependant fut faite une entreprise par le Sénéchal du poitou (Pierre de Bezé), d’aller prendre le chastel de Loigny ou longny , que tenoit et occupoit ung escuyer de Normandie nommé  le sire de Sainte Marie(Richard aux épaules,seigneurs de St marie,cappitaine duditchastel)

, soubs le sus mentionné François de Surienne ,dit l’aragonnois ,seigneur de ladite place ,qui avoit marié sa fille audit escuyer.

Et combien que le susdit sénéchal n’y fust point en personne,néanmoins il y avoit en sa compaignie deux cebt combatans logez en la basse-cour.Et est vray que les Françoys comparans devant la place se furent bouter dedens icelle par le costé du dongon , moyennant l’ayde et intelligence dudit cappitaine ,sans le sceu desdits gens de guerre, qui avoient esté envoyez par le sudit Frnaçois de Surienne, pour la gadre dudit chastel et de sa femme,qui estoit dedens .

L’esquel gens de guerre, quant ils apperceurent iceulx François, se cuidèrent mectre en résistance et deffense Mais pource qu’ilz estoient trop faibles à leur advis , ils s’en déportèrent, et furent prins en icelle basse-court à tous les chevaulx ey autres biens par ainsiRt demourèrent prisonnierss à la voulenté et bon plaisir du roytous ceux qui y estoient,exepté la femme du susdit François  de Surienne,laquelle s’en alla à tous ses biens ,très mal contente de son dit gendre.Et ainsi demoura ladite place en l’obéissance du roy, et le susdit seigneur de Saincte-Marie pour cappitaine et garde d’iceluy chastel,ainsi qu’auparavant avoit esté.

Extrait de l’œuvre de Jean Chartier « Chronique des Charles VII ,roi de France ».

Ce château de Longny aux confins du Perche, de l’ile de France et de la Normandie, faisait face au Château de Marchainville datant du XII° siècle  que les Anglais s’empressèrent, une fois dans la place de Longny (1418), de détruire.

 Cette destruction fut à l’avantage de Longny puisque très rapidement  le marché, les foires, et autres avantages en revinrent à la cité Longnycienne qui devint la place importante de la région au détriment de Marchainville.

Longny au Perche,  déjà  au XIV° Siècle,  n’était pas la petite bourgade que l’on peut imaginer ;   si l’on en croit la contribution demandée,  par commandement du Roy  au mois de juillet 1328,  « pour cause de  guerre des Flandres »,   à la ville de Longny  , d’expédier une charrette, cinq chevaux et deux valets. Pour comparer,  la ville de Verneuil n’expédia  qu’une charrette, quatre chevaux et deux valets ; quant à l’abbaye de « Tiron », l’envoi ne fut que d’une   charrette, quatre chevaux et deux valets .L’on s’aperçoit, par cette lecture, de l’importance  que revêtait la cité Longnycienne.

LONGNY

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Publié le 2 Mars 2026

 

La Baronnie,

Depuis la guerre de 100 ans la baronnie Longnycienne s’est transformée en Baronnie industrielle,  nous citerons ci-dessous une Note de notre ami Philippe SIGURET :

…/la chronologie des barons de Longny est très compliquée du fait du partage de la baronnie entre plusieurs lignes d'héritiers. Il faut citer les principaux dans l'ordre chronologique :

 Châteaubriant (avec un T à la fin) ne récupère Longny qu'après un procès contre Surienne, capitaine pour les Anglais. Il faudrait citer ensuite Orléans-Longueville  1458-1573. Marie de Lorraine-Guise, veuve Orléans-Longueville en 1537, remariée au roi d'Ecosse Jacques V en 1538, ne joue pas un grand rôle à part la tutelle de son fils mineur mort en 1551. Claude Charlot, écuyer, conseil du roi maison et couronne de France, achète en 1628, c'est un puissant financier alors considéré comme simple plumitif. Il meure ruiné et saisi. Je passe sur Gabriel de Boislève, évêque d'Avranche et sur César duc de Vendôme qui revendent leurs droits à Barbe Servien épouse de Pierre Gruel, marquis de la Frette. Louis-Joseph, duc de Vendôme, fils de César, posséda Longny de 1698 à 1712. Ensuite vous auriez pu faire citation des marquis de Gontaut-Biron derniers seigneurs de Longny (1780-1789) qui restent propriétaires du domaine jusqu'en 1853./…

Au regard de ce commentaire, nous pouvons constater que,  malgré ces noms prestigieux et des plus célèbres de l’histoire de France, peu d’entre eux sont venus résider à Longny  et leurs intérêts étaient portés uniquement sur le commerce de  la Forge ;  l’on peut penser qu’en 1767 les bois et les forges représentaient un revenu annuel de plus de trente mille livres.

Il existait également des assemblées de « Férons » qui se réunissaient régulièrement. Le plus ancien document mentionnant la Corporation des Férons est une sentence de 1265. La tradition à laquelle l’auteur fait allusion  fait  remonter l’institution aux ducs de Normandie (Recueil des OLIM de M.BEUGNOT 1265).

Dans un aveu du 9 juin de l'an 15oo , rendu au duc d'Alençon par René de Bretagne , pour la baronnie de l'Aigle , nous lisons : a Item plusieurs pièces de Prés-féron-fossoyer, droit de forges « grosses , et haut-founeau à faire fer » .

Dans le moyen âge , on donnait le titre de barons- fossiers aux seigneurs qui , parce que leurs titres relevaient nuement du souverain , avaient  le droit de fabriquer du fer.

C’est le bon Roi Louis IX  (Saint Louis) qui,  partant pour sa dernière croisade,   et constatant que son royaume se dépeuplait du fleuron de la Noblesse a créé            deux « Maîtrises », les « Maîtres Verriers »  et les « Maîtres de Forges » ;  Ces patentes,  généralement accompagnées du subjonctif ,  « l’honorable » permettaient, dès lors, aux gentilshommes d’exercer ces métiers sans déchoir.

Nous ne connaissons  pas la date des premières fusions de la Forge de Longny.  La destruction des documents par l’incendie du château de Longny dans la nuit du 30 au 31 Mars 1682,  la grande inondation du 2 mai 1687, la guerre de cent ans,  les guerres de religion ainsi que l’incendie de l’église au XV° siècle,  ont fait que les archives se rapportant au Bourg de Longny ont été malheureusement détruites  ;  nous avons du  orienter nos recherches vers  les archives de Chartres puisque,  jusqu'à la Révolution, Longny dépendait de l’Evêché Chartrain.

Le choix du château fort  de Longny comme  siège de l’occupation par les Anglais (1346/1449)  lors de la guerre de cent ans a certainement été influencé par les établissements à Fer déjà bien organisés à l’époque.  La destruction du château de Marchainville,  à la même époque  donna un immense essor  à Longny,  l’occupant  récupérant là  l’occasion d’y forger les armes et outils nécessaires aux Troupes Anglaises.( souvent l’histoire se répète) .

Louis IX

Louis IX

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Publié le 2 Mars 2026

 

Les Maîtres de Forges prenaient en fermage les forges dont les Barons étaient propriétaires et s’engageaient à les faire fonctionner, à  les entretenir et à produire suffisamment de fer pour  les rentabiliser ;  le matériel leur appartenait  et une partie de la production restait leur propriété, pour exemple à Rainville un quarantième de la fonte restait au maître de forge. 

Les salaires des ouvriers n’étaient pas très élevés mais, dès le début du 18° siècle, certains habitaient sur place ; ils avaient ainsi accès à un potager et à un verger. C’est au début  du 18° Siècle  que l’on fit construire des bâtiments à Rainville pour y loger les ouvriers travaillant au Fourneau   Le maître partageait volontiers une partie du poisson pêché dans le bief.

 Cette corporation de ferrons se tenait à l’écart des autres corporations voisines et la solidarité de la profession,  déjà au XVI° siècle,  était de rigueur.

 Un ouvrier cherchant du travail s’arrêtait volontiers  à la forge ou au fourneau pour rencontrer le Maître de Forge et demander de l’embauche, après un moment de discussion,  si le Maître le jugeait utile,  il invitait ce dernier  à faire ses preuves sur  un ouvrage ; si l’essai était concluant et s’il y avait besogne à la Forge,  il le gardait.

Toutefois, s’il n’y avait pas d’embauche, l’ouvrier pouvait alors rester pour se reposer et se restaurer à la table du Maître. Il bénéficiait du gîte et du couvert et, lors de son départ, le Maître remettait à l’homme quelque argent pour qu’il puisse continuer son voyage jusqu'à la Forge prochaine.

Les bons usages et coutumes étaient de mise.  La veille du  1er Janvier, les Forgerons allaient souhaiter la nouvelle année au Maître de forges, accompagnés de leurs enfants mâles ; il était bien recommandé par le Maître de ne pas oublier ces derniers, forgerons en herbe, car il importait, dès leur plus jeune âge,  de leur  inculquer le goût et les traditions du métier.

Avant d’entrer dans le logis du Maître, les forgerons, au XVIII° siècle, chantaient  les deux couplets suivants :

Bonsoir Maître de forge,

Le bonjour vous est donné,

Que le bon Dieu vous conserve vos Forges

Aussi vos fourneaux, vous nous donnerez

De vos veilles ferrailles un cent de Fer

Pour commencer l’année

Si la Gouvernante est belle

Faites nous en un présent

Quelle soit pucelle ou non pucelle

Nous en aurons le Cœur content

Nous lui apprendrons, nous ne tarderons guère,

Le jeu d’aimer en faisant bonne chère.

 

Puis les forgerons entraient chez le Maître qui les retenait à souper.

 La grande fête des Forges  se situait  à la Saint Eloi d’été qui tombait après la Saint Jean  (fin Juin),  cette date correspondait à l’arrêt des moulins ; en effet, l’étiage faisant,  il n’y avait plus assez d’eau dans la rivière pour faire tourner les Roues et les forges s’arrêtaient. 

Les ouvriers allaient se louer dans les fermes des environs pour les travaux des champs, les charbonniers en profitaient pour refaire les stocks de charbon de bois et les mineurs les stocks de minerai,  (à la reprise du fourneau à Rainville,  en Octobre, il y avait six mois de provisions).

Il est de fait que  la Fête de la St Eloi était la Grande fête des forges. La veille,  les apprentis et  servantes nettoyaient la place de fond en comble.                   Dès le lendemain, tous et toutes lavés et apprêtés,  partaient en procession de chaque moulin pour se retrouver sur la place de Longny ; là, les attendait le porteur du Bâton de St Eloi,  sur le parvis de l’église, tenant, dans l’autre main, une torche ; ils y entendaient messe et s’en retournaient au moulin et à la forge pour ‘donner à boire aux roues des moulins’, un gâteau, offert  par les ouvriers,  était ‘frappé par le marteau’, comme souvent dans notre région s’en suivait un grand festin. 

Le repas terminé, il était d’usage que le porteur du bâton de Saint Eloi remette la statue du Saint à son nouveau détenteur ; ce  nouveau « locataire » monnayait ce bâton, c’était le mieux disant qui remettait au curé la somme convenue, gardant ainsi pour une année  ce symbole qui devrait lui apporter chance et notoriété.  Les participants suivaient alors ce dernier, en procession  jusqu’à sa demeure où il se devait d’offrir ‘un coup de cidre’. Déjà à cette époque « l’on marquait le passage ».

La vie de nos ancêtres était difficile, parfois pénible, mais chacun se respectait et, si les ouvriers se voulaient volontiers  familiers  avec le Maître de forges,  ils lui étaient tout dévoués et toujours omniprésents pour la forge.

Tout le monde mettait  «  la main à la pâte » hommes, femmes, enfants. Nous  verrons plus bas  quelques chiffres représentant les salaires, ceux-ci  évoluant selon les âges et les époques, mais, en tout état de chose, les journaliers étaient payés chaque soir et,  à peine touchée la soulte (un sous), descendaient à Longny  pour  y boire,  ce qui fit le bonheur et la richesse des tavernes de notre village.

Les enfants commençaient très tôt à travailler à la forge mais l’apprentissage  n’était pas payé ; quelque fois même les parents monnayaient auprès du Maître de forges l’embauche de leurs gamins.

SUITE :N'hésitez pas à suivre cette belle histoire en cliquant sur le 2  qui vous portera sur le 2 ° partie ...

le bâton de St Eloi

le bâton de St Eloi

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Publié le 2 Mars 2026

Les Maîtres de Forges,

Les Maîtres de forges s’interpellaient entre eux par le nom de « Cousin du Foisil », (Le Foisil est le Fraisil, le Poussier du charbon)

Nombreux ont été les Maîtres de Forge à Longny  mais il n’est pas rare de constater qu’ils ne restaient, parfois,  en place qu’une ou deux années.

 Les deux Honorables Maîtres que nous avons retenus  de la liste en notre possession et pour lesquels nombres importants de documents sont restés en archives sont les « deux NICOLAS ».

Le premier, Nicolas LANGLOIS dont une pièce du 14 Septembre 1635 paraît être une transaction intervenue au cours d’un procès survenu à la suite de troubles subis par le maître de forges dans la jouissance des bois de la Baronnie de Longny.

On  trouve le nom de « l’Honorable homme Nicolas LANGLOIS » Maître des grosses forges de Longny et du Fourneau de Rainville, selon le bail à lui fait par Marc Monhay, bailli du Baron Claude Charlot, conseiller du Roi.

Nicolas LANGLOIS  eu quelques difficultés avec la Baronnie de Longny mais il fut l’un des derniers Maîtres de Forges qui ait œuvré au développement de  son industrie avant la fermeture de celle-ci par la Baronne Barbe de Servien.

 Il y eu bien d’autres maîtres de forges après lui mais il apparaît, dans les restes d’archives, que Nicolas LANGLOIS  ait montré une grande pugnacité dans la gestion de ses affaires.

Le deuxième Nicolas est Nicolas Le REDDE  dont nous parlerons, quelques lignes après, dans ce texte.

Quand Dame  Barbe de Servien,  veuve de Pierre de Gruel, dame de la Frette, devint Baronne de Longny en 1667,  elle refusa de continuer à la demoiselle DUMANS (veuve de Jean Baptiste de Lion Sieur de la Réalle fermier des Forges et Fourneau de la Baronnie de Longny)  le bail des forges, fourneau et exploitation des bois de Longny, consenti par Anne Aymeret veuve de Claude CHARLOT. Elle  décida la  transformation de  la Forge de Beaumont en moulin à Papier ;  son idée était de faire cesser la concurrence avec la forge de la Frette dont elle était propriétaire (cet acte signifie , s’ il le fallait, qu’il s’agit bien de Baronnies Industrielles).

Un long procès, intenté par la demoiselle Dumans à la Baronne de Longny pour non exécution du bail,  se conclut par une transaction devant la cour des Aides à Paris le  6 Mai 1668  et Dame Barbe de Servien consentit l’acquisition, moyennant la somme de  1.000 livres  du petit bief de Beaumont acquis récemment des Sieurs de la Hellière et de la petite Noë  (acte du 20 Juillet 1650).

Les Maîtres de Forge

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Publié le 2 Mars 2026

LA FABRICATION  DU FER CESSA PENDANT PLUS DE QUARANTE ANNEES  A LONGNY. (1667 à 1708)

Ce fut une grande misère qui s’abattit sur notre village car c’était  environ 300 personnes qui travaillaient pour la Forge ,( tireurs de mines , charbonniers , rouliers , forgerons , affineurs ,marteleurs  etc ..) 

Les familles furent cruellement touchées par cette cessation d’activité.

C’est en 1705 (le 26 Mars 1705) qu’a la demande d’Antoine de Crozat procureur du Duc de Vendôme,  que la forge,  devenue inactive,  sera reconstruite.  Nicolas Le REDDE  noble marchand demeurant à Nonancourt  afferma en bloc  les domaines de Longny, Argentant, Exme et Trun pour un loyer global de 20.600 livres . Sur  cette somme, la terre de Longny,  à elle seule,  représentait 12.600 livres ; à une transaction du 4 Avril suivant s’ajoute un document sur lequel est précisé que le Sieur Nicolas Le REDDE  « pour employer le produit  de ses coupes de bois de la Baronnie »  qui s’étendaient annuellement sur cent arpents s’engage à faire construire, sur ses deniers, une grosse forge complète comprenant deux affineries, fourneau, fenderie ; etc.  en lieu et place du moulin à papier de Beaumont qu’il ferait réédifier ailleurs.

Nature du bail :

Il devra laisser ladite forge en bon état, bien tournante, vivante, et faisant le fer dont sera dressé le procès-verbal, à l’exception des soufflets, enclumes et marteaux, pinces et autres ustensiles que le sieur Le REDDE pourra emporter suivant l’usage. Pour la jouissance des Mines, castines en bois de la Baronnie le sieur Le REDDE s’oblige à payer un supplément de loyer de 3600 livres,

 Par contre,  le bail de 9 ans ne débutera, lui,  qu’en 1708,  et ce quand les forges seront reconstruites.  Il sera renouvelé pour 9 ans de 1717 à 1726, même si, pendant ce laps de temps,  la terre de Longny venait  à changer de propriétaires ;  en outre,  le maître de forges aura le droit de faire pâturer ses chevaux dans tous les bois du domaine,  sauf sur  les ventes de moins de 2 ans et les droits domaniaux sur la fonte et sur le fer seront à la charge du bailleur.

Ce bail fut repris par Emmanuel Desprez  sieur de Brétigny, caution de Nicolas le REDDE à la mort de celui-ci, cette même famille resta à la tête des forges pendant plus de quarante années.

Emmanuel DESPREZ ne trouva point à son goût le logis du Maître de forges, abandonné depuis trop longtemps,   et souhaita faire construire, pour se loger,  un plus grand et beau bâtiment ce qu’il fît à Beaumont ; cette belle et noble demeure que l’on connaît encore de nos jours et que les Longnyciens ont baptisée le château de la Forge.

En attendant que le bâtiment fût terminé,  le Baron laissa jouissance d’une partie de son château afin que le Maître de forge y habitât.

Les difficultés et différends ne manquaient pas et nous ne citerons, pour mémoire,  que trois des principaux procès (qui font le bonheur des historiens car il reste un fond d’archives).

Un premier procès eu lieu,  à la demande de Pierre Gagnat,  qui reprochait à son Maître de Forges  d’épuiser ses bois par des coupes trop fréquentes (ce procès vint devant la table de Marbre le 18 juin 1721).

Le deuxième intervint  parce que  le Seigneur de Longny voulait interdire aux attelages d’emprunter le chemin qui menait de Rainville  à Beaumont en passant par la Barre car les charrois, transportant de lourdes gueuses de Fonte,  détérioraient tous les chemins qu’ils empruntaient.

Et, en dernier lieu, un procès en 1721 par lequel le Baron de Longny demandait, d’une part, la démolition du Bocambre du moulin de Rainville qui souillait l’eau de la Rivière et faisait mourir ses poissons dans son étang du château, ainsi que la destruction des maisons  au lieu dit « LES LOGES »édifiées par les « tireurs de fer » dans les bois de la Baronnie.

Il voulait aussi  que  le sieur DESPREZ remette en état le moulin à tan, transformé en fenderie,  et qu’il reconstruise, à ses frais, la métairie de la Thibaudière  autrefois située près de la forge.

Querelles surprenantes lorsque l’on sait que le principal bénéficiaire des Forges était le Baron mais peut être aussi jalousie de savoir que le Maître de forges avait de « main de maître » rentabilisé l’usine à son maximum  pour cette époque).

C’est en 1730,  comme nous l’avons vu précédemment, que le Baron Pierre Gagnat achetât le moulin à tan qui deviendrait « la fenderie ».

Avec ces quelques lignes nous voulions vous  démontrer que la Forge à Longny était  une industrie importante et la position de Maître de forges  conséquente.  Certes,  les premiers Maîtres  de forges ou les premiers « Férons » n’ont pas eu partie facile et se retrouvaient bien  souvent  devant des  réalités de gestion qui ne simplifiaient pas leur tâche. Avec les « deux Nicolas »,   nous mettons le doigt sur ces difficultés. Elles ont été le quotidien de chacun de nos véritables « Patrons des usines à ‘faire Fer’  de Longny ».

LA FABRICATION  DU FER CESSA PENDANT PLUS DE QUARANTE ANNEES  A LONGNY. (1667 à 1708)

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Publié le 2 Mars 2026

La Révolution.

A Longny la révolution  a été,  comme dans tous les villages de France,  une période de Joie et de terreur mélangées mais nous ne trouvons pas trace d’actes barbares  occasionnés par les longnyciens eux-mêmes. Il y eut, sans nul doute,  des règlements de compte mais nous notons que le plus gros du vandalisme occasionné sur les édifices publics ont été organisés et actés par un certain surnommé LACROIX (de son vrai nom Gasteclou)  partisans de la « Montagne » (Robespierre) ,révolutionnaire de Mortagne,  qui, personnellement,  a détruit les statues et la « Piéta »de la chapelle ND de Pitié ainsi que  celles de l’église  St .Martin. Ce  sont les braves femmes de longny qui ont caché, au risque de leur vie,  les débris de ces statues aujourd’hui remises en place.

Les Forges ont,  encore une fois,  été sollicitées par cette République qui, en guerre contre l’Europe entière, se devait d’armer ses soldats. Celles-ci étaient ardemment convoitées  par les Chouans qui sont arrivés jusqu'à Mortagne et  Bellême en 1800.

 Encore une fois, Longny était une place stratégique .En 1794 la Forge de Longny avait fourni à « l’agence des armes portatives » 50 ‘milliers’ de fer, elle est encore à cette époque en réquisition par marché pour la fourniture de 150 ‘milliers ‘ dont 100 ‘milliers’ en fer fondu ».

Le prix du Fer augmentait en même temps que la main d’œuvre,  les ouvriers qui avaient fait la Révolution ne voulaient surtout plus travailler dans les mêmes conditions que sous l’ancien régime ;  les guerres de la République absorbaient les hommes valides dont les bras manquaient aux Forges ou dans les bois pour la matière première.

Le prix du fer en 1789, le quintal métrique ou des 10 Kg de première qualité fabriqué à Longny était de  50 Francs.

Nous avons de la situation des Forges de Longny une idée exacte car un rapport très précis sur l’évolution de nos forges  a été dressé entre 1789 et 1811.

Toujours selon les notes que nous avons retrouvées en 1789,  284 ouvriers travaillaient pour la forge  de Longny, 2500 Quintaux de minerai étaient tirés des forêts de Moulicent,  9000 cordes de bois servaient de combustible ;  la production était de 12000.Q. de Fonte en gueuses, 3100 de fer en barre, 3800 de fer de fonderie,  600 Q. d’autre espèce. Nous retrouverons également le salaire moyen des ouvriers dans l’Orne en 1789  qui était de 0,90 F à 1,10 F par Jour.

                        L’inventaire des Lieux  Forges de Longny en 1789

Haut fourneau de Rainville :

Un haut Fourneau au charbon de bois avec soufflerie,

lavoir et bocard ( ou bocambre)

Deux Roues hydrauliques.

Forge de Beaumont

Deux feux d’affinerie au charbon de bois

Un feu de chaufferie à houille

Un gros marteau, un marteau, appareil de soufflerie, d’étirage et de compression

(Il faut savoir que pour fabriquer l’arbre  du marteau il fallut un chêne de 3 pieds de diamètre et environ 6 mètres de longueur ;  cet arbre était recouvert de cercles ou de frettes de fer que l’on enfonçait avec un bélier et quand il cassait il fallait retirer ceux qui le précédaient et recommencer ce que l’on avait eu grand peine à faire.)

La fenderie Un feu à réchauffer au charbon de bois, une machine à fendre et deux roues hydrauliques.

La Poêlerie, Un feu d’affinerie au charbon de bois (renardière)

Une soufflerie,  un marteau, une roue hydraulique.

Le  prix moyen du Minerai était de 0,55 F à 0,70F le Quintal, le charbon de bois coûtait 6,50 à 7,50 F la Corde. Les révolutionnaires ayant fait un inventaire complet de l’industrie française,  nous retrouvons, avec plaisir, énormément d’informations  sur cette époque.

De tradition orale,  il nous est transmis, par des anciens de Longny,  que le Chêne qui est au fond du verger de Rainville  aurait été planté à la Révolution par les ouvriers de la Forge  et, en effet,  si nous tenons compte de  sa circonférence, il s’avère qu’il n’y a qu’un différentiel de  50 cms avec le chêne de Marie Antoinette qui était au château de Versailles, ce que nous tiendrons pour vérité.

En 1794 le Citoyen GONTAUT est propriétaire des forges et le Citoyen DURIER en a le fermage ; deux affineries et une chaufferie forment le corps de forge.  Il est coulé, au fourneau de Rainville, qui est en feu dix mois de l’année un million de gueuses qui produisent une fabrication de 7 à 800 ‘milles’ de fer dont moitié est fendu ou simplement aplati à la fenderie .

Monsieur Guy Richard fait remarquer dans son ouvrage « les forges Normandes en 1794 » que le fer de Longny est plus doux et plus ductile que tous ceux qui se fabriquent dans le département de l’Orne.

Cependant  déjà, à cette époque,  les prix de revient augmentaient et la fonte de Rainville et le Fer de Beaumont n’étaient plus concurrentiels car les Forges de Longny continuaient à chauffer leurs fours au charbon de bois alors que,  dans l’Est de la France ou dans les Forges de Normandie,  une mutation s’était déjà opérée et la chauffe se faisait  au  charbon de Terre ; ce ne sera qu’en 1845 que  Mr Leroux mentionnera  le fonctionnement du Fourneau de Rainville à l’aide d’une machine à vapeur.

En 1771,  les usines de Longny  écoulaient leurs produits dans notre région , les tréfileries , les cloutiers et les Maréchaux  étant leurs principaux acquéreurs ;  elles  produisaient  pour les usines de l’Aigle , Verneuil , Chartres ; Orléans et Paris,  toujours dans les notes de Mr Leroux, on peut lire que,  vers le milieu du XIX° siècle, les débouchés de ces usines étaient uniquement les départements de l’Orne, de l’Eure et Loir et de la Sarthe.

La forge", Louis Le Nain, vers 1640-1642. Musée du Louvre. (35366251024).jpg

La forge", Louis Le Nain, vers 1640-1642. Musée du Louvre. (35366251024).jpg

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Publié le 2 Mars 2026

La fin d’une époque

Si les arches du Pont des Arts à Paris ont été fondues à Autheuil près de      Tourouvre,  les Piliers et la structure de la Halle au Vin de Bercy à Paris ont   été fondus à Rainville.

Les différents Maîtres de Forge qui se succédèrent  tentèrent les uns après les autres de moderniser la Forge  mais l’éloignement des routes principales et le prix du charbon  découragèrent les plus vifs défenseurs de notre industrie Locale.

Nous terminerons cet essai par une note amusante que nous conte l’abbé Godet dans ses souvenirs de Jeunesse. En 1870,  écrit ‘ il  la Fonderie de Rainville fut chargée de faire deux canons pour la garde Nationale de Longny ; malheureusement, celle-ci ignorait la technique de cette fabrication ; lorsque ces canons furent mis à l’essai,  il se trouva qu’ils volèrent en éclats sans, heureusement,  provoquer d’accidents de personnes car les artilleurs novices avaient eu la prudence de s’abriter assez loin derrière les « sornes » et ne mirent le feu aux pièces que par un long cordeau. La garde nationale fit faire de nouveaux canons par la fonderie de Feings, ceux-ci résistèrent et sont encore visibles, de nos jours,  accotés au Monument aux morts de 1870, dans notre cimetière communal.

 L’abbé Godet termine par cet article : c’est la fonderie de Rainville , je crois, qui a fondu les quatre statues de la tour Byzantine de l’église de Malétable.

                                                                       *

C’est au cours du mois de Mai 1870 que cessa de fonctionner la Forge de Beaumont ;  l’arbre de la roue du marteau s’étant rompue, par  le milieu, il fallut la réparer  mais elle se  brisa de nouveau. Dès lors, elle fut laissée en l’état,  ce qui provoqua la fin de la dite  forge car  une  nouvelle intervention se fut avérée  trop onéreuse ; cependant cette disparition augura également la fin des autres usines de Longny, sauf celle du haut  fourneau qui, lui, continua à fonctionner encore quelques temps.

L’on peut attribuer  à cet accident la fermeture de la Forge. Il s’agit bien, en premier lieu, du traité de commerce  (signé en 1860) entre  l’Angleterre et  notre pays ainsi que  du libre échange qui s’en suivit qui mis hors marché nos petites usines.  Les industriels Français  avaient vivement protesté contre cet accord en demandant un délai qui leur aurait permis de moderniser leurs usines mais c’était déjà un peu tard.

LONGNY  se trouvait également  devant d’autres difficultés car les voies de communication étaient inexistantes ; le coût du transport permettant l’acheminement du Coke (charbon) grevait nos industries, nous empêchant d’être concurrentiel face au Fer Anglais ; ce dernier, de bonne qualité et traité au charbon arrivait à plus bas prix sur le marché français, seules les usines françaises munies de matériel moderne ont réussi à se dresser contre le marché britannique.

Nos petites usines, souvent disséminées dans le Perche,  l’esprit peu inventif des Barons fossiers et de leurs Maîtres de Forges  ne permirent pas de sortir du marasme ; en avaient-ils envie ? En effet, ces deniers se contentaient de récolter les produits financiers de leur industrie sans jamais penser à se moderniser ; Nicolas  LE REDDE pourtant, à son époque, a tenté d’évoluer, de mettre en place de nouvelles façons de produire le fer, sûrement trop tard et  Le manque  « d’exportation » de nos matières sur les régions françaises a  pesé lourd dans la balance.

C’est donc en 1870 que la Forge de Longny  qui fonctionnait depuis la nuit des temps fermât  ses portes  pour la seconde  fois, mais cette fois-ci pour ne jamais rouvrir. Le fourneau de Rainville, lui, sera productif  jusqu’en 1872.

 

 

Des études ont été faites par la suite pour évaluer la teneur de minerai restant dans notre région (des carottages jusqu'à 17 m de profondeur sur Moulicent)  mais  les exploitants n’on pas cru bon d’investir pour extraire cette matière.

Les restants de fusion de Rainville ont été exportés en Hollande et en Grande- Bretagne  pour y être refondus afin d’extraire le minerai subsistant ;  en 1900, un petit train faisait la navette entre  Rémalard et Rainville afin de récupérer les scories.

 Aujourd’hui, des industries modernes  ont remplacé notre belle industrie  souhaitons qu’elles portent ‘haut et fier’ les couleurs  de notre belle et fameuse « FORGE DE LONGNY ».

La fin d'une époque

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Publié le 2 Mars 2026

                                             EPILOGUE 

Faut-il regretter, aujourd’hui,   la fermeture de nos usines ? Que serait devenue notre belle contrée  du Perche soumise à une industrialisation à outrance ?    Nul  ne peut le dire, mais rendons hommage à ces Hommes, ces Femmes, ces Enfants, qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour la grandeur de notre beau Canton, de notre belle ville de Longny au Perche.

Nous ne pouvons, nous empêcher, en écrivant ces quelques lignes, qui seront suivies  d’un ouvrage plus complet dans quelque temps, de penser à eux en les imaginant  traverser  les âges le long  de ce bief plusieurs fois centenaire.

Nous imaginons toute la peine que donnait  ce travail difficile effectué par tous les temps,  mais aussi que  de  joie procurée par ce  noble  labeur. Bien sûr, ces vies furent jalonnées par des drames, des épisodes douloureux, des Révolutions mais,  voyez-vous, Le Fourneau de Rainville et la Forge de Longny garderont en  mémoire tous ceux 

EPILOGUE...

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