La fin d'une époque

Publié le 2 Mars 2026

La fin d’une époque

Si les arches du Pont des Arts à Paris ont été fondues à Autheuil près de      Tourouvre,  les Piliers et la structure de la Halle au Vin de Bercy à Paris ont   été fondus à Rainville.

Les différents Maîtres de Forge qui se succédèrent  tentèrent les uns après les autres de moderniser la Forge  mais l’éloignement des routes principales et le prix du charbon  découragèrent les plus vifs défenseurs de notre industrie Locale.

Nous terminerons cet essai par une note amusante que nous conte l’abbé Godet dans ses souvenirs de Jeunesse. En 1870,  écrit ‘ il  la Fonderie de Rainville fut chargée de faire deux canons pour la garde Nationale de Longny ; malheureusement, celle-ci ignorait la technique de cette fabrication ; lorsque ces canons furent mis à l’essai,  il se trouva qu’ils volèrent en éclats sans, heureusement,  provoquer d’accidents de personnes car les artilleurs novices avaient eu la prudence de s’abriter assez loin derrière les « sornes » et ne mirent le feu aux pièces que par un long cordeau. La garde nationale fit faire de nouveaux canons par la fonderie de Feings, ceux-ci résistèrent et sont encore visibles, de nos jours,  accotés au Monument aux morts de 1870, dans notre cimetière communal.

 L’abbé Godet termine par cet article : c’est la fonderie de Rainville , je crois, qui a fondu les quatre statues de la tour Byzantine de l’église de Malétable.

                                                                       *

C’est au cours du mois de Mai 1870 que cessa de fonctionner la Forge de Beaumont ;  l’arbre de la roue du marteau s’étant rompue, par  le milieu, il fallut la réparer  mais elle se  brisa de nouveau. Dès lors, elle fut laissée en l’état,  ce qui provoqua la fin de la dite  forge car  une  nouvelle intervention se fut avérée  trop onéreuse ; cependant cette disparition augura également la fin des autres usines de Longny, sauf celle du haut  fourneau qui, lui, continua à fonctionner encore quelques temps.

L’on peut attribuer  à cet accident la fermeture de la Forge. Il s’agit bien, en premier lieu, du traité de commerce  (signé en 1860) entre  l’Angleterre et  notre pays ainsi que  du libre échange qui s’en suivit qui mis hors marché nos petites usines.  Les industriels Français  avaient vivement protesté contre cet accord en demandant un délai qui leur aurait permis de moderniser leurs usines mais c’était déjà un peu tard.

LONGNY  se trouvait également  devant d’autres difficultés car les voies de communication étaient inexistantes ; le coût du transport permettant l’acheminement du Coke (charbon) grevait nos industries, nous empêchant d’être concurrentiel face au Fer Anglais ; ce dernier, de bonne qualité et traité au charbon arrivait à plus bas prix sur le marché français, seules les usines françaises munies de matériel moderne ont réussi à se dresser contre le marché britannique.

Nos petites usines, souvent disséminées dans le Perche,  l’esprit peu inventif des Barons fossiers et de leurs Maîtres de Forges  ne permirent pas de sortir du marasme ; en avaient-ils envie ? En effet, ces deniers se contentaient de récolter les produits financiers de leur industrie sans jamais penser à se moderniser ; Nicolas  LE REDDE pourtant, à son époque, a tenté d’évoluer, de mettre en place de nouvelles façons de produire le fer, sûrement trop tard et  Le manque  « d’exportation » de nos matières sur les régions françaises a  pesé lourd dans la balance.

C’est donc en 1870 que la Forge de Longny  qui fonctionnait depuis la nuit des temps fermât  ses portes  pour la seconde  fois, mais cette fois-ci pour ne jamais rouvrir. Le fourneau de Rainville, lui, sera productif  jusqu’en 1872.

 

 

Des études ont été faites par la suite pour évaluer la teneur de minerai restant dans notre région (des carottages jusqu'à 17 m de profondeur sur Moulicent)  mais  les exploitants n’on pas cru bon d’investir pour extraire cette matière.

Les restants de fusion de Rainville ont été exportés en Hollande et en Grande- Bretagne  pour y être refondus afin d’extraire le minerai subsistant ;  en 1900, un petit train faisait la navette entre  Rémalard et Rainville afin de récupérer les scories.

 Aujourd’hui, des industries modernes  ont remplacé notre belle industrie  souhaitons qu’elles portent ‘haut et fier’ les couleurs  de notre belle et fameuse « FORGE DE LONGNY ».

La fin d'une époque

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article