LA FABRICATION DU FER CESSA PENDANT PLUS DE QUARANTE ANNEES A LONGNY. (1667 à 1708)
Publié le 2 Mars 2026
LA FABRICATION DU FER CESSA PENDANT PLUS DE QUARANTE ANNEES A LONGNY. (1667 à 1708)
Ce fut une grande misère qui s’abattit sur notre village car c’était environ 300 personnes qui travaillaient pour la Forge ,( tireurs de mines , charbonniers , rouliers , forgerons , affineurs ,marteleurs etc ..)
Les familles furent cruellement touchées par cette cessation d’activité.
C’est en 1705 (le 26 Mars 1705) qu’a la demande d’Antoine de Crozat procureur du Duc de Vendôme, que la forge, devenue inactive, sera reconstruite. Nicolas Le REDDE noble marchand demeurant à Nonancourt afferma en bloc les domaines de Longny, Argentant, Exme et Trun pour un loyer global de 20.600 livres . Sur cette somme, la terre de Longny, à elle seule, représentait 12.600 livres ; à une transaction du 4 Avril suivant s’ajoute un document sur lequel est précisé que le Sieur Nicolas Le REDDE « pour employer le produit de ses coupes de bois de la Baronnie » qui s’étendaient annuellement sur cent arpents s’engage à faire construire, sur ses deniers, une grosse forge complète comprenant deux affineries, fourneau, fenderie ; etc. en lieu et place du moulin à papier de Beaumont qu’il ferait réédifier ailleurs.
Nature du bail :
Il devra laisser ladite forge en bon état, bien tournante, vivante, et faisant le fer dont sera dressé le procès-verbal, à l’exception des soufflets, enclumes et marteaux, pinces et autres ustensiles que le sieur Le REDDE pourra emporter suivant l’usage. Pour la jouissance des Mines, castines en bois de la Baronnie le sieur Le REDDE s’oblige à payer un supplément de loyer de 3600 livres,
Par contre, le bail de 9 ans ne débutera, lui, qu’en 1708, et ce quand les forges seront reconstruites. Il sera renouvelé pour 9 ans de 1717 à 1726, même si, pendant ce laps de temps, la terre de Longny venait à changer de propriétaires ; en outre, le maître de forges aura le droit de faire pâturer ses chevaux dans tous les bois du domaine, sauf sur les ventes de moins de 2 ans et les droits domaniaux sur la fonte et sur le fer seront à la charge du bailleur.
Ce bail fut repris par Emmanuel Desprez sieur de Brétigny, caution de Nicolas le REDDE à la mort de celui-ci, cette même famille resta à la tête des forges pendant plus de quarante années.
Emmanuel DESPREZ ne trouva point à son goût le logis du Maître de forges, abandonné depuis trop longtemps, et souhaita faire construire, pour se loger, un plus grand et beau bâtiment ce qu’il fît à Beaumont ; cette belle et noble demeure que l’on connaît encore de nos jours et que les Longnyciens ont baptisée le château de la Forge.
En attendant que le bâtiment fût terminé, le Baron laissa jouissance d’une partie de son château afin que le Maître de forge y habitât.
Les difficultés et différends ne manquaient pas et nous ne citerons, pour mémoire, que trois des principaux procès (qui font le bonheur des historiens car il reste un fond d’archives).
Un premier procès eu lieu, à la demande de Pierre Gagnat, qui reprochait à son Maître de Forges d’épuiser ses bois par des coupes trop fréquentes (ce procès vint devant la table de Marbre le 18 juin 1721).
Le deuxième intervint parce que le Seigneur de Longny voulait interdire aux attelages d’emprunter le chemin qui menait de Rainville à Beaumont en passant par la Barre car les charrois, transportant de lourdes gueuses de Fonte, détérioraient tous les chemins qu’ils empruntaient.
Et, en dernier lieu, un procès en 1721 par lequel le Baron de Longny demandait, d’une part, la démolition du Bocambre du moulin de Rainville qui souillait l’eau de la Rivière et faisait mourir ses poissons dans son étang du château, ainsi que la destruction des maisons au lieu dit « LES LOGES »édifiées par les « tireurs de fer » dans les bois de la Baronnie.
Il voulait aussi que le sieur DESPREZ remette en état le moulin à tan, transformé en fenderie, et qu’il reconstruise, à ses frais, la métairie de la Thibaudière autrefois située près de la forge.
Querelles surprenantes lorsque l’on sait que le principal bénéficiaire des Forges était le Baron mais peut être aussi jalousie de savoir que le Maître de forges avait de « main de maître » rentabilisé l’usine à son maximum pour cette époque).
C’est en 1730, comme nous l’avons vu précédemment, que le Baron Pierre Gagnat achetât le moulin à tan qui deviendrait « la fenderie ».
Avec ces quelques lignes nous voulions vous démontrer que la Forge à Longny était une industrie importante et la position de Maître de forges conséquente. Certes, les premiers Maîtres de forges ou les premiers « Férons » n’ont pas eu partie facile et se retrouvaient bien souvent devant des réalités de gestion qui ne simplifiaient pas leur tâche. Avec les « deux Nicolas », nous mettons le doigt sur ces difficultés. Elles ont été le quotidien de chacun de nos véritables « Patrons des usines à ‘faire Fer’ de Longny ».
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