Les origines

Publié le 2 Mars 2026

Les Origines,+

En terme de Métallurgie dans la région de Longny  tout  a commencé très tôt ;  preuve en est qu’un carrier nommé Le Gall, en 1932,  découvrit un dépôt de 16 haches datant de l’époque des bronziers normands (fondeurs de bronze), celles-ci estimées, en terme de datation,  de la fin du  bronze moyen au  début du bronze final soit 1200 à 900 avant notre ère.

Cette découverte a été faite au bois de Gencey (à la hauteur du lieu-dit le val du Tellier) à Longny et atteste que nos forêts étaient déjà, à cette époque,  habitées  par des hommes qui connaissaient le travail des métaux.

Les haches servaient, bien sûr, aux travaux pratiques comme  tailler le bois ou  gratter les peaux de bêtes. Il est certain que c’était  un outil universel  qui était  aussi une monnaie d’échange,  le bronze étant une « valeur sûre de l’époque » ; instituées également en décorations votives, c’est aussi pourquoi certaines d’entre elles possédaient  un anneau sur le côté ; ledit  anneau était traversé par un lacet de cuir. Ces objets, mis en avant,  montraient l’importance de l’individu. Donc haches fonctionnelles mais aussi objet d’apparat.

                                                       *

L’art de fondre les métaux a du être une des premières inventions de l’homme réuni en société .(J.F. Gabriel Vaugeois).

Notre canton , comme notre région le Perche  a été très tôt occupé par une tribu Gauloise vers le VI° siècle avant J.C.  (Mr de la Sicotière dans ses écrits pense  que la rivière du Loir aurait séparé les Carnutes des Cenomani) ;  de même que c’est  la rivière de la Caumauche qui permis de séparer les terres entre le diocèse de Séez et celui de Chartres,  Longny se retrouvant du coté Chartrain.

A l’époque de Jules César, qui nommait cette  province normande  « magnoe ferrarioe »,  ces terres étaient très convoitées par  les soldats romains  (la guerre des Gaules livre VII, chap.22).

Ces derniers avaient grande nécessité de fer pour alimenter en outils et en armes leurs légions, lesquelles partaient vers le nord et vers l’ouest du pays ; ce qui explique que, rapidement,  les envahisseurs  mirent la main sur nos forges et sur les ferrons gaulois qu’ils asservirent. Dans l’œuvre de Jules César  (la Guerre des Gaulles  livre VII Chap. 89),  on peut lire : « Tel était le nombre des esclaves dans l’empire qu’on osa plus les marquer d’un costume à part,  par l’effroi qu’ils vinssent à se compter un jour », Cette multitude composait les  deux tiers de la population de la Gaulle. D’ailleurs cette note justifie nos commentaires :

Le casque des légionnaires romains... était gaulois.

Les Romains ont toujours su emprunter aux autres peuples ce que ces derniers avaient de meilleurs quel que soit le domaine.

En matière militaire, Rome a mis ses ennemis à contribution avec une constance et une intelligence remarquable tout au long de sa longue histoire avec une maître pensée : l'adaptation !

Les légionnaires romains étaient ainsi équipés d'un bouclier samnite, d'un glaive espagnol, d'une cotte de mailles et d'un casque gaulois.

Et oui, ces beaux casques qui protègent si bien le chef des légionnaires romains ont été conçu par des forgerons gaulois. Puis copiés (et améliorés) par les Romains.

En photo : casque impérial gaulois (c'est la dénomination officielle établie par les archéologues !) trouvé sur le site de l'antique Brigetio (Hongrie actuelle). Le casque date de la fin du Ier siècle de notre ère. Il est aujourd'hui conservé à l'Amgueddfa Cymru - National Museum Wales.

(Storia Mundi)

Il a été retrouvé près de Mezières, dans le canton de Tourouvre,  sous l’ancienne voie Romaine, une épaisseur  d’environ  un mètre de résidus  de fonderie ;  ces fouilles ont permis également de retrouver outils et pièces de monnaie datant  de l’époque de l’occupation Romaine. Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des constructions de cette époque contenant du Laitier ainsi que des restes de fonderie.

L’abbé Godet en fait témoignage dans ses « mémoires historiques  de Moulicent » , indiquant que de nombreux emplacements de bas fourneaux ont été découverts sur la commune de Moulicent et de Malétable. La matière était sur place, le bois pour le feu, le minerai pour le fer,  les bas fourneaux étaient la façon primitive de fabrication du fer ; en effet,  un trou était creusé en terre, on en tapissait le fond de sable et avec un feu maintenu intense 700/800°,  on y faisait fondre le minerai de fer réduit en grain. Ceux-ci ont été dénommés les petits fourneaux, trois pieds de haut sur 4ou 5 pieds de côtés et  percés de trous destinés à activer le feu avec un soufflet en peau de bête ou une sarbacane.

Les petits fourneaux décrits dans l'ouvrage d'Agricola (publié en 1546) étaient carrés ; ils sont figurés comme construits en maçonnerie régulière; ce qui sans doute avait lieu de son temps, parce que dès lors, ils étaient moins imparfaits que dans l'antiquité. Cependant les débris trouvés dans notre région nous portent à croire que ceux de nos ancêtres étaient ronds et d'une construction beaucoup plus simple ; que pour les établir il suffisait d'élever, avec des pierres et de l'argile détrempée, un mur circulaire de quelques pieds de hauteur, et d'en enduire l'intérieur d'une forte couche de terre glaise.

Pour effectuer la  mise à feu,  les gaulois chauffaient  le fourneau à l’aide de charbons ardents  puis  jetaient, peu à peu,  sur ce brasier le minerai  préalablement lavé et pilé  auquel il fallait  ajouter un peu de chaux ou de marne. Au fond  de cette sorte de cheminée était creusé un bassin qui  recevait  la fonte en fusion par un canal de communication, ou bien encore le dit bassin  était creusé en contre bas pour permettre l’écoulement de la fonte.

Les historiens ne nous ont rien appris sur les premiers essais  de la métallurgie.

 Par la suite,  ont été créés des fours un peu plus importants que l’on appelle  encore les forges à bras (ou fours volants ou fours moyens) c.a.d que les soufflets étaient actionnés  à bras d’homme. C’étaient les forges dites « catalanes » puisque le procédé s’en rapproche. Il s’agissait de petites maçonneries d’environ un mètre au carré (ou de formes rondes de mêmes dimensions  comme dit plus haut),  d’un mètre cinquante de hauteur voir  un peu plus pour certaines ;  Ce système que l’on appelle  ‘procédé direct’  (puisque le métal était travaillé à la sortie du four) a été utilisé tant que la main d’œuvre  locale était disponible et peu onéreuse. Cependant,  les besoins en fonte et en fer se faisant  ressentir de plus en plus dans  la vie courante,  il fallut  trouver d’autres moyens  pour actionner les soufflets et obtenir  une  intensité de chaleur permettant  une meilleure combustion du minerai  ; la voie d’une exploitation hydraulique était ouverte.

G.Agricola dans ses notes nous en donne description précise de la coulée :

 « Le fondeur alors ouvrait un conduit pratiqué vers le haut du bassin , pour laisser échapper les scories qui , comme moins pesantes, s'étaient amassées au-dessus de la fonte; quand elles étaient tout-à-fait écoulées, le travail du fourneau se trouvait Suspendu t il fallait -attendre que la masse fût figée et un peu refroidie. Cette fonte, dit Agricola, s'effectuait en huit, dix, ou douze heures de temps. On arrachait alors la masse du bassin, On la jetait par terre, après l'avoir cinglée, c'est-à-dire battue tout autour avec des petits maillets de bois , dont le manche menu et flexible avait cinq pieds de long, on la soumettait, sous le gros marteau de fer, au tranchant d'un instrument qui la coupait, des raisons qui ont fait adopter et conserver dans ces forges un mode de travail pour la réussite duquel on n'a pas besoin d'une aussi grande élévation de chaleur que celle qu'on obtient par le moyen des hauts-fourneaux; mais on a pu aussi eu avoir d'autres, s'il est vrai, comme le pensent d'habiles métallurgistes, que la ductilité des fers fabriqués de cette manière est due à l'affinage immédiat quand il est bien conduit *. « Georges Agricola » Traité de  « re metallica » publié pour la première fois, en 1546, à Bâle. 

 Avec le Haut- fourneau on changea cette méthode de travail pour passer au procédé indirect.

Dans les hauts-fourneaux, l'élévation de la chaleur fait fondre non-seulement la mine de fer, mais les sables quartzeux, les silex et les autres matières vitrifiables qui s'y trouvent mélangées. Le laitier qui en provient est en général coloré en bleu- verdâtre ou en vert plus ou moins foncé ; il est luisant, semi- transparent , à cassure vitreuse : c'est réellement une masse de verre , dans laquelle seulement se trouvent encore enveloppés quelques grains de fonte et quelques fragments de charbon à demi consumé , ce que l’on va appeler le laitier (ou sornes ou encore dans le parlé Percheron la « cline »)

Le coût d’exploitation,  incluant la main d’œuvre,  a fait réfléchir les Seigneurs sur une nouvelle orientation,  notamment la voie d’une exploitation avec les moulins hydrauliques.

Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau
Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau

Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau

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