Publié le 28 Mars 2026

La mule n'est pas un accident de reproduction. C'est le résultat de deux millénaires de sélection délibérée pour produire l'animal de travail le plus complet qui existe en terrain difficile. La France possède l'une des traditions mulassières les plus anciennes d'Europe, notamment dans les Pyrénées, les Alpes et le Massif Central.
La mule est le produit du croisement entre un âne mâle (baudet) et une jument. Le résultat combine le meilleur des deux parents par ce que la génétique appelle la vigueur hybride : la mule surpasse ses deux géniteurs en résistance, santé et longévité.
Ce qui la rend supérieure au cheval pour le travail en montagne française :
Sabot plus dur et plus étroit. Le sabot de la mule est plus compact que celui du cheval et plus résistant que celui de l'âne, conçu pour les terrains pierreux, les pentes et les sentiers de montagne. Une mule travaille en montagne sans ferrage là où un cheval aurait besoin d'être ferré toutes les 6 à 8 semaines. Dans les Pyrénées, les chemins escarpés des Alpes et les drailles du Massif Central, la mule reste le seul moyen de transport fiable dans les passages les plus étroits.
Thermorégulation supérieure. La mule transpire moins que le cheval en travail intensif et récupère sa température plus rapidement au repos. Lors de longues journées de travail en été, une mule peut travailler 2 à 3 heures de plus qu'un cheval de taille équivalente avant de nécessiter une pause pour excès de chaleur.
Consomme moins par kilo de travail fourni. Une mule de 400 kg a besoin de 30 à 40 % moins de fourrage qu'un cheval du même poids pour le même rendement. Dans les zones de montagne où le fourrage est rare ou coûteux, cette différence détermine la viabilité économique de l'animal.
Vit plus longtemps et travaille plus d'années. Un cheval de travail a une durée de vie utile de 15 à 20 ans. Une mule bien entretenue travaille jusqu'à 30 ans à pleine capacité et peut atteindre 40 ans. Pour un éleveur de montagne, acheter une mule jeune représente un investissement unique pour une génération de travail.
L'entêtement comme dispositif de sécurité. La mule refuse d'avancer sur un terrain qu'elle juge dangereux. Ce n'est pas de l'incompréhension, c'est une évaluation du risque plus prudente que celle du cheval. Le cheval s'engage dans le passage périlleux sous la pression du meneur. La mule s'arrête. En transport de charge sur terrain accidenté, ce refus a sauvé des vies et des chargements pendant des siècles.
Pourquoi on en parle si peu :
La mule est stérile. Sa combinaison chromosomique (63 chromosomes : 32 de l'âne + 31 de la jument) empêche la reproduction. Chaque mule nécessite donc un nouvel investissement en croisement, ce qui l'a rendue moins pratique lorsque la mécanisation a gagné les plaines. En terrain accidenté où les machines ne passent pas, la mule n'a jamais été remplacée. Elle a simplement disparu des regards.
La tradition mulassière française repose historiquement sur les baudets du Poitou croisés avec des juments locales. Aujourd'hui encore, dans les estives pyrénéennes, sur les alpages et dans les zones forestières du Massif Central, la mule transporte ce qu'aucun véhicule ne peut transporter.
L'animal le plus compétent de la montagne française n'a jamais eu besoin de publicité parce qu'il n'a jamais cessé d'être indispensable.
LES MULES  DANS LE PERCHE ,

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Publié le 27 Mars 2026

 
Et si les castors étaient des champions discrets du climat ?

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Publié le 18 Mars 2026

Aux origines de Longny-au-Perche

Par Philippe SIGURET 

Dans son livre Fragments historiques sur le Perche, publié en 1866, Jean-François Pitard affirme que le nom originel de Longny était Val-en-Fred (1). Il écrivait à une époque où les recherches historiques étaient balbutiantes, si bien qu’il est parfois nécessaire de revenir sur certains points. Ce toponyme de Val-en-Fred a été repris par tous ceux qui écrivent l’histoire en se contentant de recopier les écrits de leurs prédécesseurs. Le temps est venu d’expliquer l’origine probable de cette méprise.

Le nom de Longny apparaît relativement tardivement, à la fin du xiie siècle, dans le cartulaire de la Chartreuse du Val-Dieu sous la forme latine Loignetum (2). D’où vient donc ce nom de Val-en-Fred proposé par Pitard ?

Les historiens s’accordent à dire que Longny était avant tout une place forte assurant la défense du territoire contre les Normands. Il faut remonter au xe siècle, à l’époque des invasions normandes, pour apprendre que les ducs de Normandie convoitaient Chartres, riche cité mariale, défendue à la fois par le comte de Blois-Chartres Thibaut le Tricheur et l’évêque de la ville, dont le plus célèbre fut Wantelmus ou Ganteaume.

L’évêque s’était vu confier la défense des marches du sud relevant de son château épiscopal de Pontgouin. Il avait été contraint de recruter des hommes de guerre capables de porter les armes et d’élever des châteaux : l’un portait le titre de vidame de Chartres, installé à Meslay-le-Vidame et plus tard à La Ferté-Vidame. D’autres chefs militaires tenaient les places fortes d’Alluyes, Brou, Montmirail, Authon et La Bazoche, réunies en une seule main par Guillaume Gouet vers 1050 – elles se sont appelées plus tard les cinq baronnies du Perche-Gouet. L’évêque tenait d’autres lieux fortifiés, l’un à Saint-Denis-des-Puits dont le seigneur prit le titre de baron du Chesne Doré ; enfin, plus à l’ouest, l’évêque avait fait élever, au milieu d’un marécage, la tour de Longny, dont les tenants furent appelés plus tard barons de Longny, étendant leur juridiction sur les paroisses d’Auteuil (en majeure partie), Bizou (un seul lieu), Brotz (aujourd’hui réunie à l’Hôme-Chamondot), La Lande, Malétable (en partie), Monceaux et Moulicent (3). Il ne faut pas oublier que la paroisse de Longny a fait partie du diocèse de Chartres jusqu’au Concordat de 1801. L’abbé de Saint-Jean-en-Vallée à Chartres nommait le prieur-curé de Longny ainsi que celui de Monceaux.

C’est du côté de Chartres qu’il faut se tourner pour trouver le nom de Val-en-Fred. Dans le cartulaire de l’abbaye de Notre-Dame de Josaphat, près Lèves, il est mentionné, à la date de 1214, qu’un certain Girard de Boissy (Girardus de Buxeio), seigneur de Valle Cupreii, confirmait les donations que ses ancêtres avaient faites, notamment le prieuré de Fossard à Moulicent, l’étang de Granguli ainsi que la métairie de Rainville (Raesvilla) (4). Ne faut-il pas voir dans ce nom de Valle Cupreii le lieu s’appelant aujourd’hui Cufret situé dans une portion du territoire de Bizou, sur la rive gauche de la Jambée ?

Une série de documents datés du xiiie siècle, publiés par Olivier de Romanet, mentionne une seigneurie de Val de Empré, d’abord tenue par Girard de Boceio et donnée en gage en 1213 à l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. Dans les chartes suivantes, l’appellation varie, à la fois dans les commentaires de Romanet (qui parle de Val de Empré ou Val-Enfred) et dans les textes des chartes citées (Valle Enfredi, Valle Emprey, Valle Empreti, Valle-de-Empre, Valle Emprei). Une déclaration de 1237 atteste que le seigneur de Valle Emprey tenait la forteresse de Longny (forteretia de Longniaco) (5).

Sur le plan géographique, l’actuel Cufret se situe dans la vallée de la Jambée, sur un chemin que l’on peut suivre depuis Boissy, passant par les Aulnays, la Martinière-Mirabon, la Simardière, Cufret, le Moulin des Isles, la Forge de Beaumont et débouchant à Longny (6). D’après les chartes, les noms de Valle Cupreii et Val-Enfred s’étendaient à la vallée supérieure de la Jambée, au-delà de Longny, incluant le moulin de Rainville, Moulicent, Fossard, jusqu’à la grande voie romaine de Sens à Valognes, passant par Chartres et Sées, encore bien visible sur les cartes (7).

On peut donc conclure que le nom de Longny est bien le nom premier de ce lieu placé sous la juridiction de l’évêque de Chartres. Celui-ci confia la défense de sa tour de Longny à un chevalier de Boissy qui contrôlait la vallée supérieure de la Jambée, à laquelle était attribuée le nom de Valle Cupreii (8) et ses variantes.

Après qu’en 1237, un seigneur de Valle Emprey eut tenté de prêter hommage au roi de France pour sa forteresse de Longny, la suzeraineté de l’évêque de Chartres fut reconnue formellement par Girard de Longny en 1273 et se maintient jusqu’à la Révolution. Cette situation de dépendance ne va pas sans compliquer considérablement l’administration de la justice par le bailli de Longny, installé dans une dépendance du château appelée « maison de la coutume ». Bien que la justice soit rendue selon la coutume du Perche, « les appels des sentences du juge de la baronnie de Longny ressortissent à la baronnie de Pontgouin, celle de Pontgouin à la justice de la chambre épiscopale de Chartres, de là au bailliage du lieu et ensuite au Parlement de Paris. Les habitants de Longny qui commencent des procès n’en voient point ordinairement la fin, à cause des différents degrés de juridiction qu’un chicaneur leur fait essuyer et ils sont obligés d’abandonner leurs intérêts, ne pouvant fournir aux frais » (9).

 

Contrastant avec la situation de la baronnie de Longny restée sous la juridiction de l’évêque de Chartres jusqu’à la Révolution, la châtellenie de La Motte d’Yversay, située à quelques kilomètres de Longny sur la paroisse de l’Hôme-Chamondot avait le privilège d’interjeter appel directement auprès du Parlement de Paris, sans intermédiaire, ni à Longny ni à Mortagne. La Motte d’Yversay comprenait une partie de la paroisse de l’Hôme-Chamondot, notamment la Grande Motte et la Petite Motte, la Vicomté où s’exerçait la justice, et surtout la forteresse de Gannes surplombant la vallée marécageuse d’un affluent de la Jambée. Quelques lieux-dits, Auteuil, Malétable et Saint-Maurice-lès-Charencey, relevaient de la Motte d’Yversay, qui dépendait directement du roi, comme le procès-verbal de la coutume du Perche l’avait enregistré en 1558. Cette situation prouve que ce château avait été élevé par ordre du roi de France et confié à un fidèle qui avait gardé des relations directes avec le souverain.

 

Dans son Rapport sur les noms des communes de l’Orne, l’archiviste Louis Duval préconisait d’écrire « Longni » (avec un « i »). L’appellation « Longny-au-Perche » a prévalu jusqu’à la décision malheureuse de la nouvelle commune de prendre le nom de Longny-les-Villages à partir du 1er janvier 2016, abandonnant toute référence au Perche, quand toutes les autres nouvelles communes s’empressaient de l’adopter (10).

Notes

(1) Jean-François Pitard, Fragments historiques sur le Perche, Mortagne, 1866, p. 247. Pitard était secrétaire de la mairie de Mortagne.

(2) Louis Duval, Notes sur la topographie ancienne sur le Département de l’Orne, Alençon, 1892. Ce nom latin, selon l’hypothèse de René Lepelley sur les noms des communes dans l’arrondissement de Mortagne-au-Perche viendrait du nom de personne Loconius (Cahiers Percherons, 1994, 2&3). De même, Guy Villette rapporte l’origine de Loigny-la-Bataille en Eure-et-Loir à un propriétaire nommé Lucanus (Guy Villette, Les Noms de villes et villages d’Eure-et-Loir, Chartres, 1989, p. 57).

(3) Le jour de l’installation du nouvel évêque, ses quatre vassaux – le vidame de Chartres, les barons du Perche-Gouet, du Chesne Doré et de Longny – devaient, solennellement, le porter sur leurs épaules de la porte des Épars jusqu’à la cathédrale.

(4) Abbé Charles Métais, Cartulaire de Notre-Dame de Josaphat, Chartres : Société archéologique d’Eure-et-Loir, 1911-1912, tome 2, p. 380-381. Cet important document a été trouvé par Mr André Quiblier du Moulin de Rainville.

(5) Vicomte de Romanet, Chartes servant de pièces justificatives à la Géographie du Perche et formant le cartulaire de cette province, Mortagne, 1890-1902, p. 187-194, chartes n°112-120 (xiiie siècle). La métairie de Rainville est citée comme moulin en 1273 (charte n°118).

(6) Ce chemin était d’ailleurs doublé sur la rive droite de la Jambée par un itinéraire qui partait des Aulnays, traversait la rivière au Pontgirard (qui tient vraisemblablement son nom du seigneur Girard de Boissy) et continuait par Monceaux, la Détourbe et Longny.

Voir les documents chartrains cités dans le  cartulaire de Josaphat et dans le livre rouge de l'évêché de Chartres publiés dans les chartes du Perche.

(7) Jean de Brébisson, « Le prieuré de Saint Robert de Fossard », Bulletin de la Société Percheronne d’Histoire et d’Archéologie, tome 11, 1912, p. 97.

(8) Valle Cupreii signifie littéralement « Val du cuivre » – à rapprocher de Cuprius ou Cyprius qui désigne l’île de Chypre (l’île du cuivre). Cette référence insolite au cuivre rappelle qu’on a découvert en 1931 à Longny au Val-Tellier un site archéologique, qui a livré seize haches de l’âge du bronze (« Compte-rendu : Un trésor de l’âge du bronze à Longny-au-Perche, par Mme Odette Salles », Cahier percheron, n°25, 1967). Faut-il penser que des fondeurs de cette époque travaillaient le bronze, alliage de cuivre et d’étain, matières premières importées de Grande-Bretagne, et ce dans la vallée supérieure de la Jambée ?

(9) Louis Duval, « L’administration de la justice. La tenue des états provinciaux et les attributions du bailli dans le comté du Perche pendant les deux derniers siècles », Bulletin de la Société Archéologique de l’Orne, tome 11, 1892, « Appendice », p. 226.

(10) Sans compter qu’en parler percheron, le « village » était connoté péjorativement (comme lieu « paumé »), par opposition au bourg.

 

Je remercie André et Pimprenelle Quiblier, ainsi que Damien Renault, pour leur contribution à la mise au point de cet article.

Plan du chateau de Longny vu par Maurice Leroux

Plan du chateau de Longny vu par Maurice Leroux

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Publié le 8 Mars 2026

Les TEMPLIERS à LONGNY mythe ou réalité ?

J’ai, bien souvent, évoqué avec notre ami Philippe SIGURET la construction de ND de Pitié à Longny-au-Perche ainsi que le financement de ce magnifique monument ; c’est encore, à ce jour, une énigme que nous ne saurions expliquer et pourtant, en faisant des recherches sur les propriétaires de nos chers moulins au moyen-âge, j’ai eu la curiosité de fouiller dans les archives d’Eure et Loir et particulièrement celles des templiers qui y résidaient au moyen âge.

Je vais, dans ce texte, vous donner une piste qui me semble être plausible ;  certes, elle ne pourra être certifiée car comme le dit l’abbé P BARRET dans le bulletin (Société historique et archéologique de l'Orne) «  Les archives et ses titres semblent eux aussi avoir disparus. »

Pour démarrer cette narration, rendons-nous à La Villedieu-Feuillet, ancien nom de la paroisse du Mage. C'était, à l'origine, une petite commanderie de l'Hôpital, située sur la route menant de Longny à La Loupe.
Le domaine avec la seigneurie avait été donnés aux Hospitaliers par Jean, comte de Chartres. Par ses lettres du 20 avril 1205, ce seigneur reconnu leur avoir concédé tout le fief en domaine, justice et seigneurie qu'il possédait dans la paroisse du Feuillet, « in parochial de Feillet », contenant 604 arpents de terre arable, bois et prés avec la haute futaie, « altas sylvas », et toutes les dîmes, grosses et menues s’y rapportant.
Les Hospitaliers y bâtirent une maison et une chapelle dédiées à saint Jean-Baptiste où les capucins de Dreux venaient  au « siècle dernier » dire  une messe par semaine. A deux cents pas de la maison, il y avait une habitation avec des bâtiments à usage de ferme, qu'on nommait La Petite-Villedieu.

On ne trouve pas, dans les écrits de nos historiens du Perche Ornais, de trace des Templiers … sans doute parce que  ces mémoires ont été écrites principalement par des ecclésiastiques, qui  se sont refusés d’évoquer ces soi-disant « hérétiques » …

Le premier texte qui m’a interpellé était celui de Tony le loup ; cette légende, sans doute orale, a été magnifiquement rapportée par le conteur Longnycien P.PITARD ;  ce n’est donc certainement pas par hasard qu’elle se situe à Longny-au-Perche.

 https://www.mondelegendaire.com/articles/orne_longny-les-villages_1120_la-legende-de-la-chapelle-notre-dame-de-pitie-et-de-tony-le-loup/

Elle évoque parfaitement le retour de ce croisé au XII° siècle sur les terres de ses ancêtres ; peut-être même avait-il été soigné et hébergé dans le secteur…

Elle reste cependant difficile à dater puisque l’auteur commence son récit par … « Il y a longtemps, bien longtemps…» le récit donne des détails précis des combats auxquels ce croisé avait participé.  « A la prise de Massoure, en Egypte, j'ai combattu un des derniers pour la défense d'un temple dédié à la sainte Vierge et j'allais périr, accablé par le nombre, quand la mère du Christ, aveuglant mes ennemis, me tira de leurs mains, sain et sauf. Dieu, qui m'a conservé la vie en ce jour, me la retire aujourd'hui.... Que sa volonté s’accomplisse.... 

De fait, en cherchant la présence des templiers à Longny, je n’ai rien retrouvé, sinon la maladrerie où officiaient des moines dans le bas du bourg face aujourd’hui à la rue St Hubert ;  à cet emplacement était située une chapelle du début XIII° (1205) Siècle dédiée autrefois à la vierge Marie ; dès que fut terminée la construction de ND de Pitié, cette chapelle fut débaptisée et renommée la Chapelle St Hubert, aujourd’hui hui transformée en logements sociaux.…

Donc, d’où ce légendaire Tony le loup pouvait-il venir ?  en cherchant bien nous retrouvons cette Charte CLXI. 10 avril, vers 1265 *que nous reproduisons ci-dessous.

« Nous apprenons que « donation fut faite en pure et perpétuelle aumône au prieur et frère de l’Hôpital Saint-Jean de Jérusalem en France, à savoir des titres de la seigneurie, fiefs, terres, bois, prés, pâtures dans la paroisse de Feuillet ».

On peut s’interroger lorsque l’on sait qu’à la dissolution de l’ordre des templiers, une partie de leur trésor fut transféré aux hospitaliers de St Jean de Jérusalem et que nous retrouvons ceux-ci à deux pas de Longny, d’après les archives de Chartres repris comme ci-dessous.« La Villedieu-Feuillet, ancien nom de la paroisse Le Mage. C'était dès l'origine une petite commanderie de l'Hôpital, située sur la route de Longny à La Loupe.
Le domaine avec la seigneurie en avait été donné aux Hospitaliers par Jean, comte de Chartres. Par ses lettres du 20 avril 1205, ce seigneur reconnut leur avoir concédé tout le fief en domaine, justice et seigneurie qu'il possédait dans la paroisse de Feuillet, « in parochia de Feillet », contenant 604 arpents de terre arable, bois et prés avec la haute futaie, « altas sylvas », et toutes les dîmes, grosses et menues…./ »


Les Hospitaliers y bâtirent une maison et une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, où les capucins de Dreux venaient dire au siècle dernier, une messe par semaine. A deux cents pas de la maison, il y avait une habitation avec des bâtiments à usage de ferme, qu'on nommait La Petite-Villedieu …/

Donc, nous y voilà, Les Templiers sont là !

Plusieurs textes situent des commanderies ou maisons hospitalières dans la région, Les frères de Saint-Jean de Jérusalem avaient aussi droit de justice, haute, moyenne et basse, à Fontaine Simon et à la Cruchonnière, nous dit la Bibliothèque Mazarine, mss. 3367, folio 93

Bref, les frères de Saint-Jean de Jérusalem sont bien présents près de Longny ; l’ordre est généralement connu, dès le XIIe siècle, sous le nom d’Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani. De plus, nous savons que leur mission première était de prendre en charge les templiers blessés revenus de croisades. C’est à la suite de la dévolution des biens de l'ordre du Temple, que cet ordre va s'enrichir et posséder des établissements, prieurés et commanderies dans toute l’Europe catholique.

  Donc c’est dès le 13 octobre 1307, date fatidique pour l’Ordre du temple, que nos braves frères de « « Villedieu le Feillet » deviennent très riches ; et pourtant en 1783 il ne restait plus du domaine de La Villedieu-Feuillet que 160 arpents de terre, dont plus des deux tiers étaient en bruyère et improductifs. Le reste étant affermé en 1757 pour 140 livres, et en 1783 pour 350 livres …….

Là où nous souhaitons en venir …

Les templiers représentés par Les frères de Saint-Jean de Jérusalem vont, avec le temps disparaître, et nul,  à ce jour, ne peut dire où sont passés les finances  et biens de cette communauté, peut-être redistribués aux seigneurs locaux volés par des soudards, soigneusement cachés, enterrés, ou mis à l’abri pour le retour d’un nouvel ordre ?

Il nous semble bon, à ce stade, au XXI° siècle, de revenir sur ce moment de l’histoire locale ; en effet, souvenez-vous, la chapelle ND de pitié qui, nous le savons a été construite au XVI° Siècle (1549) après une guerre de cent ans (1337/1453) qui ébranla et ruina partiellement le pays ou Longny. On y comptait, à cette époque, environ 427 feux (cad foyers) ; en effet, on dénombrait alors la population soit en Feux soit en communiants…ce qui en faisait un bourg  important  puisque, en comparaison, si nous calculons en feux, Bellême en comptait 483, Nogent le Rotrou 450, la Perrière 115,  Bretoncelles 228. Donc, Longny, une des villes principales de notre contrée s’offre le luxe de construire une magnifique Chapelle ;  je me souviens de ces longs moments d’échange avec Philippe Siguret sur le financement de ce monument de style renaissance avec toujours la même question,  qui a pu payer ce joyau ? alors, bien sûr, les blasons retrouvés sur clefs de voûte pendantes seraient les blasons et écussons des familles d’Orléans de Marie de Bourbon, Duchesse d'Estouteville, veuve de Léonor d'Orléans, duc de Longueville, comte de Dunois, Pair et Grand Chambellan de France, les ducs de Longueville, seigneurs de Longny.  Un écartelé aux armes de France et de Bourbon, d'azur à trois fleurs de lys d'or à la bande de gueules, surmonté de la couronne royale ouverte, pourrait correspondre aux armoiries de Marie de Bourbon. Leurs présences attestent que la voûte fut construite (ou plutôt décorée) à l'époque de son veuvage (après 1573, date du décès de son époux) nous disent les historiens locaux.

Cela pourrait constituer des indices … si la voûte de cette chapelle n’avait pas été refaite par la générosité du Sieur Jehan Saudubois et de sa femme Marie Brulard en 1606…autrefois elle était en bois !  Ce qui nous fait dire que Les clefs de voûte portent un décor ornemental et uniquement ornemental …

Toujours selon le Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne *La voûte actuelle toute en pierre, et très richement ouvragée, remonte à l'an 1606, comme l'atteste une pièce manuscrite, conservée dans les archives de cette chapelle, et. rédigée en 1774, par M. l'abbé Lecomte, principal du collège de Longny. Le même titre nous apprend qu'elle fut faite par les bons soins de Sandubois (ou saudubois), conseiller du roy et prévost de la charité (lj. Le nom du même Sandubois était aussi gravé à la voûte, sur le principal cul-de-lampe, et l'inscription se terminait par ces mots : Priez Dieu pour lui et sa femme, qui ont donné cette voute. Les ouvriers qui ont reblanchi les murs et la voûte de cette chapelle, au moment de la dernière restauration, ont passé leur badigeon non seulement sur cette inscription, mais de plus sur toutes les autres qui se trouvaient, soit sur la voûte, soit sur les murs de cet antique sanctuaire ; on n'en voit plus aucune actuellement…

Note* « environ 26 pieds de hauteur jusqu'à la naissance de sa voûte qui n'est qu'en bois. Auteur du texte. (Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne. en 1883.) communication de Mr Ch.Pitou.

 NdA  = On peut voir encore aujourd’hui les graffitis tracés sur le mur de la chapelle et A Paris, comme à Domme : C'est d'abord au Christ Crucifié que s'adresse cette prière "Ceux que par ta Passion et ton humilité tu enchaînes au bois de la Croix, les rachetant par ta miséricorde, conserve-les, conserve-nous"... C'est ensuite à la Vierge "en l'honneur de qui ton Ordre l'Ordre du Temple a été fondé" ... https://www.templiers.net/symbolique/index.php?page=les-graffiti

Nous pouvons lire toujours dans le bulletin Société historique et archéologique de l'Orne le paragraphe suivant :

« Aussi de bonne heure, en conformité de ce proverbe « qu'on ne prête qu’aux riches », prit-on l'habitude d'attribuer la fondation et la construction de la chapelle ND de Pitié au duc de Longville. On oublia vite que de simples bourgeois d’un simple bourg purent  avoir l'idée d'un édifice aussi magnifique et en supporter les frais dispendieux... Il sembla tout naturel d’en reporter l’honneur, la magnificence et le goût artistique aux membres de la famille Royale’...  

Cette opinion royale. déjà reçue et accréditée à Longny en 1766, lors de la rédaction du Mémoire pour l'Hôtel-Dieu, Ou l’on y lit « qu'en « l'année 1549, la très grande et très belle chapelle qui porte le nom de Notre-Dame de Pitié, digne fruit de la piété et de la magnificence des ducs de Longueville, fut achevée. »

 L’Abbé Fret a répété la même assertion reprise ci-dessus » et presque tous les modernes à la suite…. Et rassurez- vous cette narration continue aujourd’hui …(nda)

Le reste de l’histoire « la Tour du clocher », cette belle tour qui s’élève à 27 M de hauteur fut construite 46 ans plus tard en 1595 et là, nous savons qui a financé cette partie du monument ;  ce sont les Charitons de Longny qui ont souhaité en faire une chapelle ; ces Charitons devaient être biens riches pour un tel financement, sachant que c’était un ordre qui vivait de la charité afin de donner une sépulture à tous et à chacun …  Cette « tour chapelle » est curieusement ornée dans sa voute là où l’on désigne les bienfaiteurs d’une « tête de mort » avec les ossements croisés emblème des chevaliers du temple !!! Voilà qui porte à réflexion … Et certains ont pu l’interpréter par : La clef de voûte de la tour-clocher renvoie au symbole de la confrérie de Charité de Longny : crâne entouré de l'inscription latine RESQUIESCANT IN PACE (Qu'ils reposent en paix) peints.

Alors que retrouvons -nous aujourd’hui : « Certains historiens font remonter l'origine de ce symbole ( la tête de mort avec les os croisés) à la suppression de l'ordre du Temple, au début du XIV e siècle, lorsqu'une partie de la flotte de l'ordre du Temple serait devenue une force navale clandestine, cherchant vengeance. »

Je ne pourrais passer sur les emblèmes qui ornent la Tour Chapelle  le soleil et la lune (représentée par un croissant) encore un indice sur lequel nous ne pouvons passer …

 https://www.templiers.net/symbolique/index.php?page=les-graffiti

Nous retrouvons dans l’œuvre de Guillaume SOA « La filiation des templiers », la description «d’un plafond bleu étoilé ou trône la lune et le soleil où il est clairement précisé que ces symboles ont été créés par les templiers sous les voûtes de la cathédrale de chartres. Il nous semble important de continuer nos recherches mais comment suffisamment d’argent pour financer cette « tour/chapelle » a pu traverser les âges sachant que la guerre de cent ans a été violente et ruineuse dans notre pays, également les guerres de religion tous ces mouvements et surtout l’anéantissement total de l’Ordre du temple ont laissé les fonds secrets aux héritiers qui ont souhaité marquer leur époque.

C’est donc en feuilletant nos archives que nous avons retrouvé ce Bulletin (Société historique et archéologique de l'Orne) contenant un article de l’Abbé P. BARRET qui faisant l’inventaire des bâtiments de Longny fait une description particulièrement détaillée de la Chapelle ND de Pitié, et , oh surprise ! nos idées se rejoignent … voici ce qu’il écrit en parlant de la tour /clocher :

« Sur toute sa longueur, d'une de ces fenêtres est un petite moulure saillante a été gravée une longue inscription dont L. Palustre le premier a publié une notable partie.

« EN L’AN 1545 ESTOIT JEHAN CHERVÉ ESCHEVIN JEHAN PREVOST, ME JEHAN FERRAND Pbre M. PIERRE DELAVNAY JACQVES FRANCOYS MALLET.JEHAN MONGIS . FRANCOYS »…M. l'abbé Leroy, vicaire à Longny, à qui je suis redevable m'a signalé de très utiles renseignements…, malheureusement, n'a pu en déchiffrer pas plus que L. Palustre.

. M. L. Palustre a cru y reconnaître « les noms des certainement principaux officiers de la commune, /…Ces titres d'échevin et de prévôt indiquent certainement une confrérie religieuse une confrérie de charité, associations si répandues dans le Perche, et y parvinrent parfois t à posséder une très grande influence et des revenus considérables. L'inscription permet de conclure que cette confrérie contribua pour une large part à l'érection de la tour.

Mais les archives et ses titres semblent eux aussi avoir disparus. C'est encore une piste à suivre et « un trésor local à découvrir. »

Nous sommes habitués, lorsque nous faisons des recherches sur Longny, à ne connaître les généreux donateurs que pour telles ou telles causes …

Et voilà comment quelque fois la réalité rejoint la fiction …

Quelques dates  ///

-Les frères de Saint-Jean de Jérusalem Fondent la Villedieu Le Feillet en  1205

-Fin de l’ordre des templiers                1307

Evaluation des biens restants du Domaine de Villedieu les feillets              1757

-Guerre de cent ans                             1337/1453

-Guerre des religions                          1562/1598

-Construction de ND de pitié                1549

-Construction du clocher /Chapelle     1595

En comparant ces dates, on peut raisonnablement penser que Les Templiers, dévoués au Christ et à sa Sainte Mère, ont souhaité leur rendre hommage en finançant tout ou partie de ce joyau de la renaissance contenant une magnifique statue de la Piéta (dont nous ne connaissons également toujours pas le financement. Nous pensons, selon les sources des historiens, qu’elle a été sculptée à Chartres à la demande des Frères de la chartreuse du val Dieu)  mais qui l’a payée ?

Nous devons quand même rappeler que l’effondrement des valeurs restantes au XIII° siècle, le bien disparu serait réapparu dans cette construction ? en effet encore une fois  (Le domaine de La Villedieu-Feuillet ne comptait plus, au XVIIIe siècle, que 160 arpents de terre, dont plus des deux tiers étaient en bruyères et improductifs. Le reste était affermé en 1757, 140 livres, et en 1783, 350 livres.

A suivre…

L'Histoire se répète. Et les historiens se répètent les uns les autres.

- (Citation de Jules Amédée Barbey d'Aurevilly )  -

Je ne suis pas un historien mais un passeur de mémoire et ce qui me permet, autre que faire de la copie « copier/coller »,  d’aller au plus loin pour rapprocher la vérité de la réalité       André QUIBLIER. Le 4 mars 2026.

Merci à DAME Pimprenelle pour sa patiente relecture.

Pour l’association « Sauvegarde et mise en valeur du moulin de Rainville »

Contact Tel 02 33 83 74 91  Mail   smv.moulin.rainville@orange.fr

Pour mémoire...

C'était un 18 mars, mais de 1314 (bien que certaines sources citent le 11 mars) la journée à Jacques de Molay, XXIII et dernier Grand Mestre des Chevaliers du Temple, a été brûlé vif sur le feu de camp, avec le précepteur de Normandie, Godefroy de Charney, dans la petite Île des Juifs, sur la Seine, près de la cathédrale Notre Dame, scellée la fin tragique de l'Ordre militaire le plus puissant du Moyen Âge.
Après sept ans d'emprisonnement et de torture, depuis son arrestation inattendue le vendredi 13 octobre 1307, Molay a été condamné pour relâchement après avoir rétracté ses aveux forcés. Le roi Philippe IV, « le Beau », qui était fortement endetté à l’Ordre, a orchestré le processus pour la dissoudre et s’emparer de ses richesses, avec la connivence du pape Clément V.
La légende raconte que alors que les flammes consumaient son corps, Molay a fait preuve d'une grande détermination et a jeté une malédiction contre le roi Philippe IV et le pape Clément V. Selon la tradition, Molay a crié : « Tu paieras pour le sang des innocents, Philippe, roi blasphémateur ! Et toi, Clemente, traître à ton église ! Dieu vengera notre mort, et vous serez tous les deux morts avant un an ! ".
Clemente V est mort un mois plus tard. Philippe IV est mort en novembre de cette année-là. La malédiction s'est étendue à la descendance de Philippe IV, et au cours des 14 années suivantes, ses trois fils régnèrent brièvement et sont morts sans héritiers mâles, mettant fin à la dynastie des Capetos après trois siècles.
Des siècles plus tard, en 2001, le « Parchemin de Chinon » a été découvert dans les Archives secrètes du Vatican, document qui a démontré que le pape Clément V a initialement acquitté Jacques de Molay et les Templiers des accusations d'hérésie, reconnaissant que leurs aveux ont été obtenus sous la torture.
✠✠✠ n n D n n ✠✠✠
 

 

Les TEMPLIERS à LONGNY AU PERCHE mythe ou réalité ?
Les TEMPLIERS à LONGNY AU PERCHE mythe ou réalité ?
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Publié le 2 Mars 2026

Les Origines,+

En terme de Métallurgie dans la région de Longny  tout  a commencé très tôt ;  preuve en est qu’un carrier nommé Le Gall, en 1932,  découvrit un dépôt de 16 haches datant de l’époque des bronziers normands (fondeurs de bronze), celles-ci estimées, en terme de datation,  de la fin du  bronze moyen au  début du bronze final soit 1200 à 900 avant notre ère.

Cette découverte a été faite au bois de Gencey (à la hauteur du lieu-dit le val du Tellier) à Longny et atteste que nos forêts étaient déjà, à cette époque,  habitées  par des hommes qui connaissaient le travail des métaux.

Les haches servaient, bien sûr, aux travaux pratiques comme  tailler le bois ou  gratter les peaux de bêtes. Il est certain que c’était  un outil universel  qui était  aussi une monnaie d’échange,  le bronze étant une « valeur sûre de l’époque » ; instituées également en décorations votives, c’est aussi pourquoi certaines d’entre elles possédaient  un anneau sur le côté ; ledit  anneau était traversé par un lacet de cuir. Ces objets, mis en avant,  montraient l’importance de l’individu. Donc haches fonctionnelles mais aussi objet d’apparat.

                                                       *

L’art de fondre les métaux a du être une des premières inventions de l’homme réuni en société .(J.F. Gabriel Vaugeois).

Notre canton , comme notre région le Perche  a été très tôt occupé par une tribu Gauloise vers le VI° siècle avant J.C.  (Mr de la Sicotière dans ses écrits pense  que la rivière du Loir aurait séparé les Carnutes des Cenomani) ;  de même que c’est  la rivière de la Caumauche qui permis de séparer les terres entre le diocèse de Séez et celui de Chartres,  Longny se retrouvant du coté Chartrain.

A l’époque de Jules César, qui nommait cette  province normande  « magnoe ferrarioe »,  ces terres étaient très convoitées par  les soldats romains  (la guerre des Gaules livre VII, chap.22).

Ces derniers avaient grande nécessité de fer pour alimenter en outils et en armes leurs légions, lesquelles partaient vers le nord et vers l’ouest du pays ; ce qui explique que, rapidement,  les envahisseurs  mirent la main sur nos forges et sur les ferrons gaulois qu’ils asservirent. Dans l’œuvre de Jules César  (la Guerre des Gaulles  livre VII Chap. 89),  on peut lire : « Tel était le nombre des esclaves dans l’empire qu’on osa plus les marquer d’un costume à part,  par l’effroi qu’ils vinssent à se compter un jour », Cette multitude composait les  deux tiers de la population de la Gaulle. D’ailleurs cette note justifie nos commentaires :

Le casque des légionnaires romains... était gaulois.

Les Romains ont toujours su emprunter aux autres peuples ce que ces derniers avaient de meilleurs quel que soit le domaine.

En matière militaire, Rome a mis ses ennemis à contribution avec une constance et une intelligence remarquable tout au long de sa longue histoire avec une maître pensée : l'adaptation !

Les légionnaires romains étaient ainsi équipés d'un bouclier samnite, d'un glaive espagnol, d'une cotte de mailles et d'un casque gaulois.

Et oui, ces beaux casques qui protègent si bien le chef des légionnaires romains ont été conçu par des forgerons gaulois. Puis copiés (et améliorés) par les Romains.

En photo : casque impérial gaulois (c'est la dénomination officielle établie par les archéologues !) trouvé sur le site de l'antique Brigetio (Hongrie actuelle). Le casque date de la fin du Ier siècle de notre ère. Il est aujourd'hui conservé à l'Amgueddfa Cymru - National Museum Wales.

(Storia Mundi)

Il a été retrouvé près de Mezières, dans le canton de Tourouvre,  sous l’ancienne voie Romaine, une épaisseur  d’environ  un mètre de résidus  de fonderie ;  ces fouilles ont permis également de retrouver outils et pièces de monnaie datant  de l’époque de l’occupation Romaine. Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des constructions de cette époque contenant du Laitier ainsi que des restes de fonderie.

L’abbé Godet en fait témoignage dans ses « mémoires historiques  de Moulicent » , indiquant que de nombreux emplacements de bas fourneaux ont été découverts sur la commune de Moulicent et de Malétable. La matière était sur place, le bois pour le feu, le minerai pour le fer,  les bas fourneaux étaient la façon primitive de fabrication du fer ; en effet,  un trou était creusé en terre, on en tapissait le fond de sable et avec un feu maintenu intense 700/800°,  on y faisait fondre le minerai de fer réduit en grain. Ceux-ci ont été dénommés les petits fourneaux, trois pieds de haut sur 4ou 5 pieds de côtés et  percés de trous destinés à activer le feu avec un soufflet en peau de bête ou une sarbacane.

Les petits fourneaux décrits dans l'ouvrage d'Agricola (publié en 1546) étaient carrés ; ils sont figurés comme construits en maçonnerie régulière; ce qui sans doute avait lieu de son temps, parce que dès lors, ils étaient moins imparfaits que dans l'antiquité. Cependant les débris trouvés dans notre région nous portent à croire que ceux de nos ancêtres étaient ronds et d'une construction beaucoup plus simple ; que pour les établir il suffisait d'élever, avec des pierres et de l'argile détrempée, un mur circulaire de quelques pieds de hauteur, et d'en enduire l'intérieur d'une forte couche de terre glaise.

Pour effectuer la  mise à feu,  les gaulois chauffaient  le fourneau à l’aide de charbons ardents  puis  jetaient, peu à peu,  sur ce brasier le minerai  préalablement lavé et pilé  auquel il fallait  ajouter un peu de chaux ou de marne. Au fond  de cette sorte de cheminée était creusé un bassin qui  recevait  la fonte en fusion par un canal de communication, ou bien encore le dit bassin  était creusé en contre bas pour permettre l’écoulement de la fonte.

Les historiens ne nous ont rien appris sur les premiers essais  de la métallurgie.

 Par la suite,  ont été créés des fours un peu plus importants que l’on appelle  encore les forges à bras (ou fours volants ou fours moyens) c.a.d que les soufflets étaient actionnés  à bras d’homme. C’étaient les forges dites « catalanes » puisque le procédé s’en rapproche. Il s’agissait de petites maçonneries d’environ un mètre au carré (ou de formes rondes de mêmes dimensions  comme dit plus haut),  d’un mètre cinquante de hauteur voir  un peu plus pour certaines ;  Ce système que l’on appelle  ‘procédé direct’  (puisque le métal était travaillé à la sortie du four) a été utilisé tant que la main d’œuvre  locale était disponible et peu onéreuse. Cependant,  les besoins en fonte et en fer se faisant  ressentir de plus en plus dans  la vie courante,  il fallut  trouver d’autres moyens  pour actionner les soufflets et obtenir  une  intensité de chaleur permettant  une meilleure combustion du minerai  ; la voie d’une exploitation hydraulique était ouverte.

G.Agricola dans ses notes nous en donne description précise de la coulée :

 « Le fondeur alors ouvrait un conduit pratiqué vers le haut du bassin , pour laisser échapper les scories qui , comme moins pesantes, s'étaient amassées au-dessus de la fonte; quand elles étaient tout-à-fait écoulées, le travail du fourneau se trouvait Suspendu t il fallait -attendre que la masse fût figée et un peu refroidie. Cette fonte, dit Agricola, s'effectuait en huit, dix, ou douze heures de temps. On arrachait alors la masse du bassin, On la jetait par terre, après l'avoir cinglée, c'est-à-dire battue tout autour avec des petits maillets de bois , dont le manche menu et flexible avait cinq pieds de long, on la soumettait, sous le gros marteau de fer, au tranchant d'un instrument qui la coupait, des raisons qui ont fait adopter et conserver dans ces forges un mode de travail pour la réussite duquel on n'a pas besoin d'une aussi grande élévation de chaleur que celle qu'on obtient par le moyen des hauts-fourneaux; mais on a pu aussi eu avoir d'autres, s'il est vrai, comme le pensent d'habiles métallurgistes, que la ductilité des fers fabriqués de cette manière est due à l'affinage immédiat quand il est bien conduit *. « Georges Agricola » Traité de  « re metallica » publié pour la première fois, en 1546, à Bâle. 

 Avec le Haut- fourneau on changea cette méthode de travail pour passer au procédé indirect.

Dans les hauts-fourneaux, l'élévation de la chaleur fait fondre non-seulement la mine de fer, mais les sables quartzeux, les silex et les autres matières vitrifiables qui s'y trouvent mélangées. Le laitier qui en provient est en général coloré en bleu- verdâtre ou en vert plus ou moins foncé ; il est luisant, semi- transparent , à cassure vitreuse : c'est réellement une masse de verre , dans laquelle seulement se trouvent encore enveloppés quelques grains de fonte et quelques fragments de charbon à demi consumé , ce que l’on va appeler le laitier (ou sornes ou encore dans le parlé Percheron la « cline »)

Le coût d’exploitation,  incluant la main d’œuvre,  a fait réfléchir les Seigneurs sur une nouvelle orientation,  notamment la voie d’une exploitation avec les moulins hydrauliques.

Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau
Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau

Casque Gaulois ( romain) et bas fourneau ancêtre du haut fourneau

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Publié le 2 Mars 2026

Les moulins à eau auraient été  introduits très tôt dans notre région.

 En général,  dans les autres parties de la Neustrie, les moulins servaient à moudre le grain (farinarii) et ceci plus particulièrement dans les régions proche de la Beauce. 

Dans le Perche et ce avant 820, dans la haute vallée de l’Huisne et sur un de ses affluents, se trouve établie une série de six moulins à eau* ; d’après le polyptyque d’Irminon (*Polyptyque de l’Abbaye de Saint Germain hors des murs) « Ces machines sont déjà installées depuis longtemps. »

Toujours d’après Irminon  qui les qualifie de «vétustes » à cette époque ce dernier a rajouté un septième moulin plus performant ;  il n’est nul doute que le contexte économique ressort également par plusieurs traits caractéristiques. (contexte  industriel et agricole)

Depuis  l’époque gallo-romaine, dans notre Région du Perche, il est clairement fait état d’un centre de production du Fer.

A cette époque, dans le Perche, il y avait une production agricole moins importante que chez leurs voisins, la Beauce ou le Pays d’Ouche (hormis la récolte du chanvre) , la multiplication des moulins  étaient probablement nécessaires  au travail  des producteurs de fils  et des ferrons.  

Il est difficile de savoir à quelle époque l’on associa la motricité des moulins à eau à celui des forges en France mais il faut penser que,  dès  le moyen âge, il apparut  moins coûteux et plus efficace d’utiliser l’Hydro-motricité et les nobles Seigneurs y voyaient un intérêt  certain …Trace est retrouvée,  dans la région du Prche,  des premiers moulins au IX° Siècle ; c’est à ce moment et sans doute bien avant mais néanmoins ‘point construits par l’église’ qu’apparaît,  sur des documents anciens,  l’évocation de trois moulins dans le secteur de Boissy-Maugis.

Et s’il fallait le préciser, les cours d’eau du Perche se prêtent d’ailleurs fort bien à l’installation de roues Hydrauliques.

Les moulins hydrauliques

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Publié le 2 Mars 2026

RAINVILLE  près de « Longni » ou ...

Longny près de Rainville...

 

Tout d'abord l'étymologie :

Rain - Nom commun

Rain — définition française (sens 1, nom commun)

(Vieilli, Rare) Bordure d'une forêt ou lisière d'un bois.

 Dans les textes officiels, le rain des Forêts correspond aux abords des forêts royales, distance fixée à deux lieues par une ordonnance de 1551. Selon l'acception locale, il s'agit d'un versant, du bord en pente d'un pré ou d'une forêt. — Philippe Jéhin, Les hommes contre la forêt : l'exploitation des forêts dans le Val d'Orbey au XVIIIe siècle.

                Donc la Villa en bordure de la forêt royale ...

L'histoire 

Les origines du site de Rainville  ont été clairement établies dans le cartulaire de Notre Dame de Josaphat (ABBATIEAE SANCTAE-MARIAE DE JOSAPHAT)

Il est mentionné,  dans ce document,  que le Baron de Valenfred  avait fait donation aux moines Bénédictins  en Avril 1214 , avéré par  un document permettant aux moines de St Robert de Fossard  d’élever une chaussée à leur étang à charge d’y construire un moulin , ce document était signé  de GIRARDI DE BOCEIO (Girard de BOISSY) ; « l’abbaye de N.D. de JOSAPHAT fut fondée en 1117 ou 1120,c’était une abbaye « commandataire » de Bénédictins de la congrégation de   Saint-Maur au pays  chartrain ».

Le sceau dessiné par Gaignieres représente un aigle aux ailes éployées dans -un écu triangnlaire, légende f SIGILLVM GIRARDI DE BOCEIO. – Le contre sceau a un aigle au centre et autour la légende suivante -}- S' GI. DE BOCEIO 3

Cette demande du Baron aux moines n’est pas surprenante puisque l’on sait que les moines étaient des bâtisseurs ceci etant confirmé par :

Le Cartulaire de ND de Josaphat 1745 CARTULARIUM

1145. PARIS. Approbation par Louis VII roi de France, des moulins de Josaphat et de Jouy. »De molendinis curïe nostre et de Joiaco  CXXXVIII »

Il faut également constater qu’en ce même mois d’Avril 1214,  le dit Girard de Boissy,  confirmait toutes les donations faites par ses ancêtres à  Notre Dame  de  Josaphat en autre la « mediatariam de raesvilla » (la métairie de Rainville)  et cela en plus des donations  déjà faites  de ses terres de val d’Enfred  aux Chartreux  de l’Abbaye St Jehan de Chartres).

Voici quelques noms des prieurs de la Trinité ou de Saint-Robert de Fossard à partir du xv° siècle 

Vincent Pasquier, 1463, -1497 (?). qui fit accord avec le curé de Moulicent pour les offrandes faites dans la chapelle du prieuré,

1490. Jacques de Mineray,

 1497, Jean Guignebault,

1506, Jean Goury,

1538 'curé de Saint-Cyr,

15xx Edme de Theres, -

1530, Miche! Viohe,

1560, Pierre de Vasconcelles (curé de Moulicent),

1580, Laurent Lecomte, -1581, 1583, nommé par M. Noël Lecomte, grand vicaire de Chartres, et de M. Desportes, abbé de Josaphat.

 1584 André Foucault curé de Blandainville, 1601, Jacques Gautier,

1614, Nicolas Debaste,

1618, Thomas Harye,

1619, Robert Antoine MaHtourne,

1758-1789

C’est en 1273,  sous le règne de Louis le Hardy que  nous retrouvons  le nom de REAVILLA ; c’est dans un acte faisant reconnaissance par Girard de Longny de la suzeraineté de l’évêque de Chartres sur la terre de Longny qu’est cité le « molendinum de Raesvilla » le moulin de Rainville.

L’on ne connaît pas la fonction initiale qui a été donnée à ce moulin (au tout début du XIV° siècle) mais des moulins à « faire le FER » sont attestés dans le Perche au XIV° siècle.

Pour n revenir à la fabrication du fer nous constatons que, dans la région, beaucoup de prieurés ou abbayes exploitaient déjà la force hydraulique  et  que certains moines étaient passés maîtres en la façon de «  faire Fer » (entre autres, les trappistes « abbaye de la Trappe »).Nous lisons dans l'Histoire de la Trappe , par M. Louis Dubois , qu'en 1351, Charles de Valois accorda à Martin Ier, onzième abbé de la Trappe , le droit de « faire fer » , pour lui aider à réparer les pertes que le monastère avait éprouvées pendant les dernières guerres.

A noter également que Michel DEVEZE  professeur à l’université de Paris  cite Rainville et la forge de LONGNY  en 1350 « la vie de la forêt française au XVI° siècle ».C’est probablement à cette époque que Rainville transformera sa production hydraulique eu chanvre au fourneau.

Ce sont les premiers Barons de Longny (ou Longni), originaires de Beauce , qui, y construisant un château fort,  donnèrent leur nom à notre village ; auparavant,   notre vallée s’appelait le « VAL d’ENFRED  ou val d’enfreii (à noter enfreï en latin le cuivre ?)  voir encore val–en-pré ;  c’est pour cela que l’on peut lire,  toujours dans le Cartulaire de N.D. de Josaphat,  sur le document  d’approbation par   G.DE BOISSY  d’Avril 1214     

« UNUM SEXTARIUM ANNONAE IN MOLENDINIS * MEIS DE LOIGNEIO** »

 * (à noter que le mot moulin est au pluriel  déjà en 1214.) **Apparaît donc, dans cette phrase, pour la première fois dans nos recherches, le nom de LONGNY.

 Il est clairement démontré maintenant que Rainville était  une place établie dès le début du XIII° entre Longny et Moulicent.

La topographie faisant et les « Grands Près de Rainville »  jouxtant le lieu ou est constitué le moulin  il se peut laisser penser également  que celui-ci est été dans  une première fonction un moulin à chanvre. Pour mémoire, avant de travailler le chanvre, il fallait le « rouir », et ce champ fermé par un vannage aurait pu servir de bac à rouir (routoir ou mare à chanvre) nous n’avons pas encore retrouvé de documents permettant  d’affirmer quelques unes de ces probabilités. La seule certitude que nous ayons  est  l’existence de ce moulin en 1273. 

Nous retrouvons le 19 Juin 1556 un acte concernant un « Bail à ferme » par le Val-Dieu à Germain Poitremol  de Moulicent de 54 boisseaux de blé bon et loyal et boisseaux d’avoine :

« Fut présent Germain Poitremol de la paroisse de Moulicent lequel confesse avoir accepté pour 9 ans et 9 cueillettes de la part  de Don Jehan Lassers prieur du Val-Dieu , 17 arpents de Terre tant labourables que pré sur la Métairie de Beauvais en Moulicent joignant un chemin tendant de Bonnechère à la Forge de Rainville//… »

Alors pourquoi un fourneau à Rainville ?  et bien encore une fois, la proximité de la Forêt et des mines de fer (les forêts de Moulicent, de Longny, de Neuilly sur Eure et de la Ferté vidame ) ;  l’existence de chemins de communication  et  la rivière la Jambée que l’on retrouve dans certains documents sous le nom de « Lambie » ou « Iambie » et qui,  à cet endroit,  bénéficie d’une pente importante (40 mètres de dénivelé sur 17 Km) avant le talweg que sont les prés de Rainville situés face à la Métairie. Le vestige d’un pont médiéval sur le canal de dérivation recouvert aujourd’hui par le pont de  route   Dép. 11 est preuve d’une existence très ancienne d’une  voie importante  de communication entre Longny et Marchainville. A ce sujet d’ailleurs le val d’enfreï a été anteriné par Philippe Siguret comme le chemin qui mennait de Boissy Maugis à la voie Romaine devenue voie royale.

Quant  aux moulins,  la noblesse  en trouvait très tôt avantage et  rachetait, par tous les moyens,  ceux  pouvant appartenir à des particuliers et s’il fallait ne citer qu’un texte pour justifier cela,  nous citerions ce texte du XIII° siècle :

«  Je me suis rendu coupable de jugements iniques et de rapines chez les Mortels , et j’ai pêché plus que je ne saurais le dire ;avant toute chose, l’usure est  la cause de mes tourments, car j’ai prêté de l’argent à un pauvre homme et j’ai pris son moulin en gage, comme il ne pouvait point me rendre l’argent, j’ai conservé le gage et déshéritant les siens , je l’ai transmis à mon héritier ; me voici maintenant à porter dans ma bouche un fer de moulin incandescent qui me pèse plus que la grosse tour de Rouen » extrait LES MOULINS A EAU DE ROUEN - Dr A. Cerné 1936

Ce texte exprimant  l’intérêt de la noblesse sur nos moulins déjà au moyen-âge.

RAINVILLE  près de « Longni »

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Publié le 2 Mars 2026

L’extraction des minerais.

Nommé et désigné scientifiquement sous le nom de « limonites ou hydroxides de fer »ou encore vulgairement mine de fer à grain.

Dans notre région,  pas de mines en profondeur, le minerai se trouve à fleur de sol en morceaux  de 2 kg / 3 Kg  en moyenne et les plus gros blocs pèsent de six à huit kilos.

Les trous (ou chambres) étaient  creusés par des mineurs « des Tireurs de mine » comme ils étaient nommés « ou des mineux en jargon populaire » ; en 1651 un tireur de mine gagnait 8 à 9 sous par jour et le minerai rendu au fourneau, prêt à être jeté au feu, était payé 10 sous la rasière de 70 litres.

Les mines étant à ciel ouvert,  les hommes travaillaient sur quelques mètres  et, dès lors que les bords s’écroulaient  ou lorsque  l’eau en remplissait le fond, ils abandonnaient  simplement l’endroit et  ouvraient, un peu plus loin, une autre mine.

Ce n’est qu’un peu plus tard que les mineurs cherchèrent le minerai sur des profondeurs de  huit à douze mètres mais en étayant les  galeries ; cependant nos mineurs ne perçaient  pas de galeries souterraines comme cela s’est vu  dans certaines régions.                                                                                             Cette exploitation a donné à nos forêts  un sol un peu lunaire composé de petits cratères  de quelques mètres de circonférence.

A cette époque, les hommes vivaient sur place, dans les bois,  soit entre eux soit en famille,  logeant dans des cabanes,  se déplaçant dès que le gisement se  trouvait épuisé  mais laissant l’endroit en l’état ; c’est pour cela que de nos jours encore nous pouvons voir ces curieuses excavations dans nos forêts. Les habitants de Longny les appellent volontiers les « champs de mines ». Ce minerai, extrait, aurait, selon les divers avis,  une teneur  de 33 à 45 % nous pensons que 35 % serait une moyenne,( selon études)  en fer ce qui n’est pas négligeable.

L’extraction des minerais.
L’extraction des minerais.

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Publié le 2 Mars 2026

Le Bois de Combustion et le Charbon de Bois

 

Comme pour l’extraction du minerai, les bûcherons et  charbonniers, qui fabriquaient le charbon de bois nécessaire aux Forges (mais aussi aux verriers et aux briqueteries) vivaient en  forêt  dans des endroits  aménagés souvent près d’un étang, d’une source,  ou en bord de rivière. Les habitations étaient rudimentaires et chaque corporation y avait ses règles, la vie y était difficile, certains endroits dans la forêt de Longny ont laissé  des noms tels que  « l’étang des loges » ou « l’étang des Gats » , « l’étang des Personnes », « le val Thellier ».

Les Charbonniers  fabriquaient le combustible sur place  et l’acheminaient vers les  forges par le même système que  le minerai avec nos braves « Hurtus ».

Le Bois de Combustion et le Charbon de Bois

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Publié le 2 Mars 2026

 

Ce minerai,  tiré de la mine ainsi que le bois et le charbon de bois,   était transporté  dans des sacs à Rainville à dos de petits chevaux appelés   « hurtus » ou vulgairement « Chevaux de sacs » ou encore sous le nom de « Masette , (ce cheval aurait disparu à la fin du 19° siècle). A.Desloges, dans son ouvrage les Forges de Normandie (1909), leur rend hommage dans ses notes « le défilé de ces petits chevaux a procuré à l’auteur (A.Deloge ) quelques bons moments ; le lecteur voudra bien lui permettre d’en évoquer ici le souvenir ».Ils vivaient en semi liberté, en bande de 200 ou plus (non sans faire quelque dégâts sur les feuillus) dans les forêts environnantes (avec l’autorisation des Barons) ;  au matin,  les conducteurs  allaient les quérir  par  dix, quinze ou vingt  et les attelaient.

Le premier était monté  et les autres suivaient en file indienne, il n’y avait pas beaucoup de chemins praticables et des transports par charrois auraient défoncé totalement les voies de communication ; à ce propos,  ont été  retrouvés  des documents  concernant un procès fait par le Baron  de Longny à son Maître de Forges qui disait-il détruisait le chemin du château avec ses charrettes de transport lors  des voyages effectués entre la forge de la Madeleine Bouvet ou le moulin Renaud  et la Forge de  Beaumont.  C’est d’ailleurs certainement la raison pour laquelle, plus tard, fut déplacée la Fenderie qui était, auparavant,  en place  au Moulin de Vaugelay pour  l’installer  aux abords  de la Forge de Beaumont dans un ancien Moulin à Tan.

NDA : n'oublions pas que le Perche était une grande région d'élevage nous pouvons citer entre autres  :Les grandes dynasties d’éleveurs-étalonniers confortèrent leur renommée quasi planétaire : Aveline (à la Crochetière, cne de Verrières, au domaine de la Touche à Nogent-le-Rotrou (après 1894), et la Ferme-Neuve, cne de Dorceau ), Chapelle (Le Plessis, cne d’Origny-le-Roux), Chouanard (à Nogent-le-Rotrou, domaine de la Touche jusqu’en 1893 puis la Bretonnerie, cne de Masle), Fardouet (la Beuvrière, cne de Verrières), Perriot (Champeaux, cne de Margon), Tacheau (Saint-Martin-des-Monts près de La Ferté-Bernard) …

Sources https://www.attelage-patrimoine.com/2017/10/le-commerce-du-cheval-de-travail.html

Le  transport

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