La Révolution

Publié le 2 Mars 2026

La Révolution.

A Longny la révolution  a été,  comme dans tous les villages de France,  une période de Joie et de terreur mélangées mais nous ne trouvons pas trace d’actes barbares  occasionnés par les longnyciens eux-mêmes. Il y eut, sans nul doute,  des règlements de compte mais nous notons que le plus gros du vandalisme occasionné sur les édifices publics ont été organisés et actés par un certain surnommé LACROIX (de son vrai nom Gasteclou)  partisans de la « Montagne » (Robespierre) ,révolutionnaire de Mortagne,  qui, personnellement,  a détruit les statues et la « Piéta »de la chapelle ND de Pitié ainsi que  celles de l’église  St .Martin. Ce  sont les braves femmes de longny qui ont caché, au risque de leur vie,  les débris de ces statues aujourd’hui remises en place.

Les Forges ont,  encore une fois,  été sollicitées par cette République qui, en guerre contre l’Europe entière, se devait d’armer ses soldats. Celles-ci étaient ardemment convoitées  par les Chouans qui sont arrivés jusqu'à Mortagne et  Bellême en 1800.

 Encore une fois, Longny était une place stratégique .En 1794 la Forge de Longny avait fourni à « l’agence des armes portatives » 50 ‘milliers’ de fer, elle est encore à cette époque en réquisition par marché pour la fourniture de 150 ‘milliers ‘ dont 100 ‘milliers’ en fer fondu ».

Le prix du Fer augmentait en même temps que la main d’œuvre,  les ouvriers qui avaient fait la Révolution ne voulaient surtout plus travailler dans les mêmes conditions que sous l’ancien régime ;  les guerres de la République absorbaient les hommes valides dont les bras manquaient aux Forges ou dans les bois pour la matière première.

Le prix du fer en 1789, le quintal métrique ou des 10 Kg de première qualité fabriqué à Longny était de  50 Francs.

Nous avons de la situation des Forges de Longny une idée exacte car un rapport très précis sur l’évolution de nos forges  a été dressé entre 1789 et 1811.

Toujours selon les notes que nous avons retrouvées en 1789,  284 ouvriers travaillaient pour la forge  de Longny, 2500 Quintaux de minerai étaient tirés des forêts de Moulicent,  9000 cordes de bois servaient de combustible ;  la production était de 12000.Q. de Fonte en gueuses, 3100 de fer en barre, 3800 de fer de fonderie,  600 Q. d’autre espèce. Nous retrouverons également le salaire moyen des ouvriers dans l’Orne en 1789  qui était de 0,90 F à 1,10 F par Jour.

                        L’inventaire des Lieux  Forges de Longny en 1789

Haut fourneau de Rainville :

Un haut Fourneau au charbon de bois avec soufflerie,

lavoir et bocard ( ou bocambre)

Deux Roues hydrauliques.

Forge de Beaumont

Deux feux d’affinerie au charbon de bois

Un feu de chaufferie à houille

Un gros marteau, un marteau, appareil de soufflerie, d’étirage et de compression

(Il faut savoir que pour fabriquer l’arbre  du marteau il fallut un chêne de 3 pieds de diamètre et environ 6 mètres de longueur ;  cet arbre était recouvert de cercles ou de frettes de fer que l’on enfonçait avec un bélier et quand il cassait il fallait retirer ceux qui le précédaient et recommencer ce que l’on avait eu grand peine à faire.)

La fenderie Un feu à réchauffer au charbon de bois, une machine à fendre et deux roues hydrauliques.

La Poêlerie, Un feu d’affinerie au charbon de bois (renardière)

Une soufflerie,  un marteau, une roue hydraulique.

Le  prix moyen du Minerai était de 0,55 F à 0,70F le Quintal, le charbon de bois coûtait 6,50 à 7,50 F la Corde. Les révolutionnaires ayant fait un inventaire complet de l’industrie française,  nous retrouvons, avec plaisir, énormément d’informations  sur cette époque.

De tradition orale,  il nous est transmis, par des anciens de Longny,  que le Chêne qui est au fond du verger de Rainville  aurait été planté à la Révolution par les ouvriers de la Forge  et, en effet,  si nous tenons compte de  sa circonférence, il s’avère qu’il n’y a qu’un différentiel de  50 cms avec le chêne de Marie Antoinette qui était au château de Versailles, ce que nous tiendrons pour vérité.

En 1794 le Citoyen GONTAUT est propriétaire des forges et le Citoyen DURIER en a le fermage ; deux affineries et une chaufferie forment le corps de forge.  Il est coulé, au fourneau de Rainville, qui est en feu dix mois de l’année un million de gueuses qui produisent une fabrication de 7 à 800 ‘milles’ de fer dont moitié est fendu ou simplement aplati à la fenderie .

Monsieur Guy Richard fait remarquer dans son ouvrage « les forges Normandes en 1794 » que le fer de Longny est plus doux et plus ductile que tous ceux qui se fabriquent dans le département de l’Orne.

Cependant  déjà, à cette époque,  les prix de revient augmentaient et la fonte de Rainville et le Fer de Beaumont n’étaient plus concurrentiels car les Forges de Longny continuaient à chauffer leurs fours au charbon de bois alors que,  dans l’Est de la France ou dans les Forges de Normandie,  une mutation s’était déjà opérée et la chauffe se faisait  au  charbon de Terre ; ce ne sera qu’en 1845 que  Mr Leroux mentionnera  le fonctionnement du Fourneau de Rainville à l’aide d’une machine à vapeur.

En 1771,  les usines de Longny  écoulaient leurs produits dans notre région , les tréfileries , les cloutiers et les Maréchaux  étant leurs principaux acquéreurs ;  elles  produisaient  pour les usines de l’Aigle , Verneuil , Chartres ; Orléans et Paris,  toujours dans les notes de Mr Leroux, on peut lire que,  vers le milieu du XIX° siècle, les débouchés de ces usines étaient uniquement les départements de l’Orne, de l’Eure et Loir et de la Sarthe.

La forge", Louis Le Nain, vers 1640-1642. Musée du Louvre. (35366251024).jpg

La forge", Louis Le Nain, vers 1640-1642. Musée du Louvre. (35366251024).jpg

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