LONGNY
Publié le 2 Mars 2026
L’Abbé FRET soutient dans ses œuvres que le nom de notre Bourg n’est avéré qu’à la moitié du XII° siècle.
La famille de Longny, venue de Beauce, ce serait installée sur cette terre ou devrions nous dire dans ce marécage. En effet, le terrain ne se prêtait guère à la construction d’un château, qui faisait partie du fief de la baronnie du Val-Enfred et ou régnait le Baron de Boissy tout ceci quelque temps après les croisades.
Nous nous rappelons que ces seigneurs de Longny y ont joué un rôle important lors des premières croisades où nous retrouvons Guillaume, Geoffroy et Gautier de Longny qui se sont joints aux Rotrou, comtes du Perche prenant part aux engagements de 1096 ,1142et 1190 .
Cette terre, aurait été donnée à cette famille au début du XIII° siècle avec la bénédiction de l’évèque de Chartres , afin d’y construire un château, sans doute en récompense à la part active auprès du roi de France ou des Seigneurs de Rotrou ? C’est une éventualité que nous ne pouvons écarter.
C e qui est certain, c’est l’importance de ce Château Fort dont la description faite par Monsieur Bart des Boulais est de première importance :
« Un fort château clos de hautes murailles et de grands bons fossez, remplis de l’eau d’un grand étang dedans le coin duquel il est basty ,et dedans iceluy étang, séparé du dit château est un fort donjon garni de tours et murailles battues de l’eau du dit étang »
Extrait Antiquité du Perche P.86.
Le château de Longny repris ci-dessus par Monsieur Bart des Boulais était il réellement imprenable, il tomba pourtant, par « félonie », aux mains des anglais en 1418 et fut repris par les troupes françaises 31 ans plus tard ce qui explique l’épisode repris ci-dessous :
Comment les François prindre subtilement le chasteau de Longny. Le 27 Aout 1449
Le vingt-septesme jour dudit mois d’aoust du dit an , entra le roy en sa ville de verneuil nouvellemnt reconquise, comme dit esté, en moult grant estat et appareil, estant noblement accompaigné .Lequel fut aussi receu honnaroblement et à grant joye par ceulx de la dite ville. Lesquelz furent aux champs au devant de luy…/
/…Cependant fut faite une entreprise par le Sénéchal du poitou (Pierre de Bezé), d’aller prendre le chastel de Loigny ou longny , que tenoit et occupoit ung escuyer de Normandie nommé le sire de Sainte Marie(Richard aux épaules,seigneurs de St marie,cappitaine duditchastel)
, soubs le sus mentionné François de Surienne ,dit l’aragonnois ,seigneur de ladite place ,qui avoit marié sa fille audit escuyer.
Et combien que le susdit sénéchal n’y fust point en personne,néanmoins il y avoit en sa compaignie deux cebt combatans logez en la basse-cour.Et est vray que les Françoys comparans devant la place se furent bouter dedens icelle par le costé du dongon , moyennant l’ayde et intelligence dudit cappitaine ,sans le sceu desdits gens de guerre, qui avoient esté envoyez par le sudit Frnaçois de Surienne, pour la gadre dudit chastel et de sa femme,qui estoit dedens .
L’esquel gens de guerre, quant ils apperceurent iceulx François, se cuidèrent mectre en résistance et deffense Mais pource qu’ilz estoient trop faibles à leur advis , ils s’en déportèrent, et furent prins en icelle basse-court à tous les chevaulx ey autres biens par ainsiRt demourèrent prisonnierss à la voulenté et bon plaisir du roytous ceux qui y estoient,exepté la femme du susdit François de Surienne,laquelle s’en alla à tous ses biens ,très mal contente de son dit gendre.Et ainsi demoura ladite place en l’obéissance du roy, et le susdit seigneur de Saincte-Marie pour cappitaine et garde d’iceluy chastel,ainsi qu’auparavant avoit esté.
Extrait de l’œuvre de Jean Chartier « Chronique des Charles VII ,roi de France ».
Ce château de Longny aux confins du Perche, de l’ile de France et de la Normandie, faisait face au Château de Marchainville datant du XII° siècle que les Anglais s’empressèrent, une fois dans la place de Longny (1418), de détruire.
Cette destruction fut à l’avantage de Longny puisque très rapidement le marché, les foires, et autres avantages en revinrent à la cité Longnycienne qui devint la place importante de la région au détriment de Marchainville.
Longny au Perche, déjà au XIV° Siècle, n’était pas la petite bourgade que l’on peut imaginer ; si l’on en croit la contribution demandée, par commandement du Roy au mois de juillet 1328, « pour cause de guerre des Flandres », à la ville de Longny , d’expédier une charrette, cinq chevaux et deux valets. Pour comparer, la ville de Verneuil n’expédia qu’une charrette, quatre chevaux et deux valets ; quant à l’abbaye de « Tiron », l’envoi ne fut que d’une charrette, quatre chevaux et deux valets .L’on s’aperçoit, par cette lecture, de l’importance que revêtait la cité Longnycienne.
/image%2F7211115%2F20260302%2Fob_0d3adc_longny-le-chateau-fred-2.jpg)