RAINVILLE près de « Longni »
Publié le 2 Mars 2026
RAINVILLE près de « Longni » ou ...
Longny près de Rainville...
Tout d'abord l'étymologie :
Rain - Nom commun
Rain — définition française (sens 1, nom commun)
(Vieilli, Rare) Bordure d'une forêt ou lisière d'un bois.
Dans les textes officiels, le rain des Forêts correspond aux abords des forêts royales, distance fixée à deux lieues par une ordonnance de 1551. Selon l'acception locale, il s'agit d'un versant, du bord en pente d'un pré ou d'une forêt. — Philippe Jéhin, Les hommes contre la forêt : l'exploitation des forêts dans le Val d'Orbey au XVIIIe siècle.
Donc la Villa en bordure de la forêt royale ...
L'histoire
Les origines du site de Rainville ont été clairement établies dans le cartulaire de Notre Dame de Josaphat (ABBATIEAE SANCTAE-MARIAE DE JOSAPHAT)
Il est mentionné, dans ce document, que le Baron de Valenfred avait fait donation aux moines Bénédictins en Avril 1214 , avéré par un document permettant aux moines de St Robert de Fossard d’élever une chaussée à leur étang à charge d’y construire un moulin , ce document était signé de GIRARDI DE BOCEIO (Girard de BOISSY) ; « l’abbaye de N.D. de JOSAPHAT fut fondée en 1117 ou 1120,c’était une abbaye « commandataire » de Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur au pays chartrain ».
Le sceau dessiné par Gaignieres représente un aigle aux ailes éployées dans -un écu triangnlaire, légende f SIGILLVM GIRARDI DE BOCEIO. – Le contre sceau a un aigle au centre et autour la légende suivante -}- S' GI. DE BOCEIO 3
Cette demande du Baron aux moines n’est pas surprenante puisque l’on sait que les moines étaient des bâtisseurs ceci etant confirmé par :
Le Cartulaire de ND de Josaphat 1745 CARTULARIUM
1145. PARIS. Approbation par Louis VII roi de France, des moulins de Josaphat et de Jouy. »De molendinis curïe nostre et de Joiaco CXXXVIII »
Il faut également constater qu’en ce même mois d’Avril 1214, le dit Girard de Boissy, confirmait toutes les donations faites par ses ancêtres à Notre Dame de Josaphat en autre la « mediatariam de raesvilla » (la métairie de Rainville) et cela en plus des donations déjà faites de ses terres de val d’Enfred aux Chartreux de l’Abbaye St Jehan de Chartres).
Voici quelques noms des prieurs de la Trinité ou de Saint-Robert de Fossard à partir du xv° siècle
Vincent Pasquier, 1463, -1497 (?). qui fit accord avec le curé de Moulicent pour les offrandes faites dans la chapelle du prieuré,
1490. Jacques de Mineray,
1497, Jean Guignebault,
1506, Jean Goury,
1538 'curé de Saint-Cyr,
15xx Edme de Theres, -
1530, Miche! Viohe,
1560, Pierre de Vasconcelles (curé de Moulicent),
1580, Laurent Lecomte, -1581, 1583, nommé par M. Noël Lecomte, grand vicaire de Chartres, et de M. Desportes, abbé de Josaphat.
1584 André Foucault curé de Blandainville, 1601, Jacques Gautier,
1614, Nicolas Debaste,
1618, Thomas Harye,
1619, Robert Antoine MaHtourne,
1758-1789…
C’est en 1273, sous le règne de Louis le Hardy que nous retrouvons le nom de REAVILLA ; c’est dans un acte faisant reconnaissance par Girard de Longny de la suzeraineté de l’évêque de Chartres sur la terre de Longny qu’est cité le « molendinum de Raesvilla » le moulin de Rainville.
L’on ne connaît pas la fonction initiale qui a été donnée à ce moulin (au tout début du XIV° siècle) mais des moulins à « faire le FER » sont attestés dans le Perche au XIV° siècle.
Pour n revenir à la fabrication du fer nous constatons que, dans la région, beaucoup de prieurés ou abbayes exploitaient déjà la force hydraulique et que certains moines étaient passés maîtres en la façon de « faire Fer » (entre autres, les trappistes « abbaye de la Trappe »).Nous lisons dans l'Histoire de la Trappe , par M. Louis Dubois , qu'en 1351, Charles de Valois accorda à Martin Ier, onzième abbé de la Trappe , le droit de « faire fer » , pour lui aider à réparer les pertes que le monastère avait éprouvées pendant les dernières guerres.
A noter également que Michel DEVEZE professeur à l’université de Paris cite Rainville et la forge de LONGNY en 1350 « la vie de la forêt française au XVI° siècle ».C’est probablement à cette époque que Rainville transformera sa production hydraulique eu chanvre au fourneau.
Ce sont les premiers Barons de Longny (ou Longni), originaires de Beauce , qui, y construisant un château fort, donnèrent leur nom à notre village ; auparavant, notre vallée s’appelait le « VAL d’ENFRED ou val d’enfreii (à noter enfreï en latin le cuivre ?) voir encore val–en-pré ; c’est pour cela que l’on peut lire, toujours dans le Cartulaire de N.D. de Josaphat, sur le document d’approbation par G.DE BOISSY d’Avril 1214
« UNUM SEXTARIUM ANNONAE IN MOLENDINIS * MEIS DE LOIGNEIO** »
* (à noter que le mot moulin est au pluriel déjà en 1214.) **Apparaît donc, dans cette phrase, pour la première fois dans nos recherches, le nom de LONGNY.
Il est clairement démontré maintenant que Rainville était une place établie dès le début du XIII° entre Longny et Moulicent.
La topographie faisant et les « Grands Près de Rainville » jouxtant le lieu ou est constitué le moulin il se peut laisser penser également que celui-ci est été dans une première fonction un moulin à chanvre. Pour mémoire, avant de travailler le chanvre, il fallait le « rouir », et ce champ fermé par un vannage aurait pu servir de bac à rouir (routoir ou mare à chanvre) nous n’avons pas encore retrouvé de documents permettant d’affirmer quelques unes de ces probabilités. La seule certitude que nous ayons est l’existence de ce moulin en 1273.
Nous retrouvons le 19 Juin 1556 un acte concernant un « Bail à ferme » par le Val-Dieu à Germain Poitremol de Moulicent de 54 boisseaux de blé bon et loyal et boisseaux d’avoine :
« Fut présent Germain Poitremol de la paroisse de Moulicent lequel confesse avoir accepté pour 9 ans et 9 cueillettes de la part de Don Jehan Lassers prieur du Val-Dieu , 17 arpents de Terre tant labourables que pré sur la Métairie de Beauvais en Moulicent joignant un chemin tendant de Bonnechère à la Forge de Rainville//… »
Alors pourquoi un fourneau à Rainville ? et bien encore une fois, la proximité de la Forêt et des mines de fer (les forêts de Moulicent, de Longny, de Neuilly sur Eure et de la Ferté vidame ) ; l’existence de chemins de communication et la rivière la Jambée que l’on retrouve dans certains documents sous le nom de « Lambie » ou « Iambie » et qui, à cet endroit, bénéficie d’une pente importante (40 mètres de dénivelé sur 17 Km) avant le talweg que sont les prés de Rainville situés face à la Métairie. Le vestige d’un pont médiéval sur le canal de dérivation recouvert aujourd’hui par le pont de route Dép. 11 est preuve d’une existence très ancienne d’une voie importante de communication entre Longny et Marchainville. A ce sujet d’ailleurs le val d’enfreï a été anteriné par Philippe Siguret comme le chemin qui mennait de Boissy Maugis à la voie Romaine devenue voie royale.
Quant aux moulins, la noblesse en trouvait très tôt avantage et rachetait, par tous les moyens, ceux pouvant appartenir à des particuliers et s’il fallait ne citer qu’un texte pour justifier cela, nous citerions ce texte du XIII° siècle :
« Je me suis rendu coupable de jugements iniques et de rapines chez les Mortels , et j’ai pêché plus que je ne saurais le dire ;avant toute chose, l’usure est la cause de mes tourments, car j’ai prêté de l’argent à un pauvre homme et j’ai pris son moulin en gage, comme il ne pouvait point me rendre l’argent, j’ai conservé le gage et déshéritant les siens , je l’ai transmis à mon héritier ; me voici maintenant à porter dans ma bouche un fer de moulin incandescent qui me pèse plus que la grosse tour de Rouen » extrait LES MOULINS A EAU DE ROUEN - Dr A. Cerné 1936
Ce texte exprimant l’intérêt de la noblesse sur nos moulins déjà au moyen-âge.
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